Actualité de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS

Reproduction d’un courrier de Jean-François Gavoury, Président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO) à l’attention de Mesdames et Messieurs les Adhérents, Amis et Correspondants de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS

6 janvier 2019.

Chère Madame, Cher Monsieur,

Alfred Locussol a été mortellement blessé à son domicile de l’avenue Wilson à Alençon le 3 janvier 1962.
Hier, samedi 5 janvier 2019, cinquante-sept ans jour pour jour après sa mort, sa mémoire a été l’objet d’un hommage exceptionnel, en deux temps :
– d’abord, de 11 h 00 à 11 h 30, comme le veut le rituel, autour de la stèle qui, depuis le 6 octobre 2012, célèbre son souvenir, au bas de l’avenue précitée.
20 à 30 personnes avaient pris place aux côtés des organisateurs de cette manifestation mémorielle, de plusieurs élus d’Alençon (dont M. Dominique Artois, Adjoint au maire en charge de la culture) et de la région ainsi que de représentants d’associations telles que la Ligue des droits de l’Homme.
– ensuite, de 14 h00 à 16 h00 dans une brasserie locale (Le Carnet de Route) en présence d’une vingtaine de participants.
Parmi eux, Alexandrine Brisson, petite-nièce de cette victime de l’OAS sur la personne de laquelle des éléments sont recueillis méthodiquement par deux anciens enseignants faisant œuvre d’historiens, Pierre Frénée et Annie Pollet.
En fin de matinée, après dépôt de gerbes et interventions de M. François Tollot, conseiller municipal délégué d’Alençon, et de M. Pierre Frénée, l’occasion m’a été donnée de prononcer le désormais traditionnel message de vœux de l’ANPROMEVO reproduit en première pièce jointe.
L’après-midi, Mme Françoise Nordmann, représentant l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, a présenté un exposé (cf. seconde pièce jointe) en ouverture d’un débat au cours duquel M. Frénée a détaillé les résultats de ses recherches menées conjointement avec Mme Pollet.
Le quotidien régional Ouest France dimanche a rendu compte de ce double événement dans son édition de ce 6 janvier (cf. troisième pièce jointe).
Je vous remercie de votre attention, et vous prie de bien vouloir accepter, chère Madame, cher Monsieur, mes souhaits pour une année la meilleure et la plus solidaire possible.

Jean-François Gavoury, Président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)

Message de voeux pour 2019, prononcé à Alençon le samedi 5 janvier 2019 devant la stèle dédiée à Alfred Locussol, victime du terrorisme de l’OAS

Intervention de F. Savarin Nordmann, représentante de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons

Hommage Locussol – Article Ouest France 6-I-2019

 

Retour sur le colloque « La Guerre d’Algérie au cinéma » – Les vidéos

Le jeudi 5 octobre 2017, s’est tenu à l’Auditorium de l’Hôtel de ville de Paris un colloque consacré à la guerre d’Algérie au cinéma , organisé par l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie. Dans cet ouvrage, vous retrouverez l’intégralité des interventions de Raphaëlle Branche (historienne), Jean-Claude Carrière (scénariste, écrivain), Jean-Pierre Farkas (journaliste), Émilie Goudal (docteure en histoire de l’art), Djemaa Maazouzi (enseignante), David Oelhoffen (réalisateur), Tramor Quémeneur (historien), Benjamin Stora (historien), Daniel Videlier (ancien combattant et directeur de production), Damien Vitry (documentaliste à l’ECPAD)…

Retrouver les interventions de tous les participants en vidéo.

Cliquez ici

SÉANCE CINÉ HISTOIRE DU 15 JANVIER 2018

L’AFFAIRE MAURICE AUDIN

Mardi 15 janvier 2019, à l’auditorium de l’hôtel de ville de Paris.
Le 11 juin 1957, Maurice Audin, mathématicien communiste, militant anticolonialiste, est arrêté à son domicile à Alger par des parachutistes français. Il n’est jamais revenu et les autorités ont dit à sa femme qu’il s’était évadé.

Pendant une soixantaine d’années, son épouse, Josette, et le Comité Maurice Audin (avec des personnalités telles que le Pr Laurent Schwartz et Pierre Vidal-Naquet) se battent pour faire reconnaitre la vérité : son assassinat par l’armée.

Ciné Histoire avait organisé en 2011 deux séances sur cette affaire avec Josette Audin sa veuve, Henri Alleg son ami, arrêté chez les Audin et auteur du livre phare, La Question (Ed de Minuit, 1958) l’historienne Raphaëlle Branche, auteure de La Torture dans l’armée Gallimard 2001)

Séance autour du film de François Demerliac, La Disparition.

Depuis dix ans la verité à fait son chemin, en 2014 François Hollande avait reconnu que Maurice Audin ne s’était pas évadé mais était mort en détention. C’est seulement en 2018 que le Président Emmanuel Macron reconnait la responsabilité de la France dans cette disparition. Au-delà du mathématicien assassiné c’est l’existence du système de torture couvert par la France qui est ainsi reconnu. C’est une étape qui ouvre la voie aux recherches sur les nombreux anonymes disparus pendant cette guerre.

Compte tenu des avancées historiographiques et de cette reconnaissance, nous avons tenu à organiser cette séance qui réunira : les enfants de Maurice Audin, Michèle et Pierre, tous deux mathématiciens, autour de leur mère Josette (sous réserves) l’historienne Sylvie Thénault, spécialiste du droit et de la répression légale pendant la guerre d’indépendance algérienne, et le réalisateur François Demerliac qui nous donne en avant-première un court métrage récent sur la remise du prix Maurice Audin cette année.

La séance sera animée par Dominique Vidal, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique.

Quelques écrits :

Pierre Vidal Naquet : L’Affaire Audin (Minuit 1958), La Torture dans la République (minuit 1972)
Michèle Audin, Une vie Brève  (Gallimard 2012)

Interventions de Tramor Quémeneur, historien

Algérie : Emmanuel Macron reconnaît l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française

Dans une déclaration publiée jeudi 13 septembre par l’Elysée, Emmanuel Macron reconnaît la torture et l’assassinat de Maurice Audin, un mathématicien disparu en 1957.

L’armée française est bien responsable de la mort de Maurice Audin. Dans une déclaration publiée jeudi 13 septembre, l’Elysée reconnaît que « Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires » de l’armée française. Dans sa déclaration Emmanuel Macron va encore plus loin, voulait ainsi respecter « un travail de vérité« .

En effet, le chef de l’Etat affirme que si la mort de ce mathématicien, communiste et anticolonialiste, « est le fait de quelques uns, elle a été rendue possible par un système légalement institué : le système arrestation/détention confié par voies légales aux forces armées« . Une déclaration qui vient briser un vrai tabou de l’histoire politique et militaire française, celle des interrogatoires commis par l’armée française durant la guerre d’Algérie.

Un geste fort, pour Tramor Quemeneur, historien, spécialiste de la guerre d’Algérie, chargé de cours Université Paris 8. Il répond aux question de Florence Gault.

ÉCOUTER INTERVIEW DE TRAMOR QUÉMENEUR


L’armée affronte son passé algérien

Après les déclarations d’Emmanuel Macron sur l’usage de la torture pendant la guerre d’Algérie, la semaine dernière, le monde militaire insiste sur le travail critique déjà accompli dans ses rangs.
Le devoir de désobéir, souligné par le président de la République, y demeure un sujet de débat éthique et juridique.
« Il en va de l’honneur de tous les militaires morts pour la France et plus généralement de tous ceux qui ont perdu la vie dans ce conflit. » Ces mots ont été longuement pesés avant d’être adressés à la veuve de Maurice Audin par le président de la République jeudi 13 septembre. Le militant communiste est bien mort « exécuté ou torturé à mort par des militaires » lors de la bataille d’Alger.
Au-delà de la responsabilité de l’État dans cet assassinat, c’est l’existence d’un système légal autorisant les exécutions sommaires et la torture qu’Emmanuel Macron a actée. La loi « autorisant la délégation des pouvoirs de police à l’armée », votée en 1956 et mise en œuvre l’année suivante, a-t-il précisé, a créé « ce terreau malheureux d’actes parfois terribles ».

 LIRE LA SUITE


Macron admits France role in torture during Algerian war

French president Emmanuel Macron has admitted that France put in place a « system » that led to torture during Algeria’s war of independence.
Macron made the admission during a visit to the home of the widow of Maurice Audin, a Communist pro-independence activist who disappeared in 1957.
He was just 25 when, during the height of the battle of Algiers, he was arrested at his home by French paratroopers, accused of harbouring wanted members of the party.
He died of his injuries sustained while being torured in detention.
For decades France had denied it was behind Audin’s death. His widow was originally told he had escaped during a transfer between prisons.
Only in 2014 did the former French president François Hollande admit he had actually died in detention.
Paris will now de-classify documents relating to disappeared civilians and soldiers both French and Algerian.

LIRE LA SUITE

Somme : le livre d’Akli Tadjer, auteur franco-algérien, rejeté par des lycéens

De son propre aveu, l’écrivain Akli Tadjer n’a jamais fait face à une telle situation, en 20 ans d’écriture et de rencontres dans des établissements scolaires. Sur Facebook, il a partagé l’email envoyé par une enseignante de la Somme, qui lui fait part de réactions racistes de ses élèves face à l’étude d’un livre de Tadjer, Le Porteur de cartable. Les élèves ont déclaré que l’auteur n’était pas français, et l’un d’entre eux a refusé de lire un extrait qui contenait le prénom « Messaoud ».

Détail de la couverture du Porteur de cartable, chez Pocket

L’écrivain franco-algérien Akli Tadjer a publié sur Facebook, le 27 septembre dernier, la capture d’écran d’un email envoyé par une enseignante d’une classe de première dans un lycée de la Somme. Elle y évoque la présentation de son livre Le Porteur de cartable à ses élèves, et la réaction de certains d’entre eux. « Et donc, il y a eu une levée de boucliers de certains élèves car l’auteur n’est pas Français […], l’histoire ne concerne pas la France (ils ne savaient pas que l’Algérie avaient (sic) été française) et il y a du vocabulaire en arabe… »

L’enseignante évoque également le refus d’un élève de lire un extrait de l’ouvrage à voix haute pour ne pas prononcer le prénom Messaoud.

LIRE LA SUITE

Antoine Oury – 01.10.2018