Dijon : Une expo sur la guerre d’Algérie jusqu’à vendredi

Une exposition intitulée «Guerre d’Algérie, histoire commune, mémoires partagées ?» a été inaugurée jeudi 4 avril à l’Hotel de Région à Dijon par Fadila Khattabi, députée, et Marie-Guite Dufay, Présidente de la Région Bourgogne Franche-Comté. Elle est ouverte gratuitement au public jusqu’au vendredi 12 avril inclu.

Cette exposition créée par l’Office national des Anciens Combattants retrace l’histoire du conflit en la contextualisant, avec un sens pédagogique remarquable. «Il faut saluer en particulier l’analyse nuancée et équilibrée de ses auteurs, qui examinent avec l’impartialité que permet la démarche scientifique de l’historien tous les aspects du conflit, sans en occulter les plus sombres» commente Fadila Khattabi, députée de la 3e circonscription de Côte-d’Or.
En tant que Présidente du groupe d’amitié France-Algérie, Fadila Khattabi a proposé à l’ONAC de présenter cette exposition à l’Assemblée nationale, puis de la décliner à Dijon.

Les élèves des classes de 1ère du lycée Boivin de Chevigny-Saint-Sauveur ont intégré l’exposition dans leur programme d’histoire et l’ont utilisée comme base pour étudier la guerre d’Algérie. Ils ont également écouté les récits de 4 témoins (Arki, membre du FLN, soldat appelé, Française d’Algérie) de cette période et en ont fait une restitution émouvante devant l’assemblée d’invités où les jeunes lycéens se sont mêlés à leurs aînés anciens combattants mais également membres de différentes associations, chefs d’établissement, professeurs d’histoire…

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De Gaulle : le roi du référendum face à la guerre en Algérie

Olivier Duhamel revient pour une nouvelle série intitulée « Nos présidents dans la tourmente ». L’épisode 1 est consacré à la première tempête affrontée par le premier président de la Ve République : le général de Gaulle.

Cela ne vous a pas échappé : Emmanuel Macron a dû faire face ces derniers mois à une crise sociale et politique d’une ampleur inédite, celle des « gilets jaunes ». Mais avant lui sous la Ve République, d’autres chefs de l’Etat français ont également affronté des tempêtes, des tourmentes, des « affaires », bref des crises en tout genre. Comment ont-ils fait face ? Et en quoi les institutions les ont aidés à tenir ? Olivier Duhamel revient pour une nouvelle série intitulée « Nos présidents dans la tourmente » et produite par Europe 1 Studio.

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Tarik Mesli dévoile « On n’est pas des oiseaux »

Une expo sous forme de work in progress de l’artiste plasticien Tarik Mesli a été présentée cette semaine aux Ateliers sauvages.

Intitulé «On n’est pas des oiseaux» ce travail fait référence à cette phrase «On nous a jetés dans la Seine alors qu’on n’est pas des oiseaux!» Une phrase qui peut prêter à sourire et pourtant, elle fait référence à un des témoignages de rescapés de la tragédie du 17 octobre 1961 où des milliers d’Algériens furent réprimés sévèrement après une manifestation pacifique en étant jetés par le colonisateur français dans la Seine à Paris. Inspiré de ce fait divers terrible, Tarik Mesli a mis en scène, sur du papier kraft, un homme en chute vertigineuse, comme l’illustre le vaste champ de blanc immaculé de l’espace de ces images. Décliné sur plusieurs papiers et collé sur le mur dans une disposition non linéaire, le plasticien a voulu traduire la notion de rythme de narration qui peut caractériser peut-être l’envol.
Aussi, en vue de réaliser un long métrage ou «film de plasticien», l’artiste a d’abord fait appel à la peinture en inversant le processus de fabrication d’un film. En effet, ici la peinture précède les mots.
A l’aide de pigments naturels comme le café et autre pigment classique comme les coques de noix pilées, l’artiste a peint ces hommes couchés dont le corps est noyé dans une peinture diluée, qui s’effacent dans cet envol, tout en étant plus que jamais présents dans cet acte diabolique. Comme un cinéaste, Tarik Mesli a le souci du temps d’où son étirement à l’infini. Ses peintures accrochées de façon non linéaire, nous l’avions souligné récemment, disent l’écoulement du temps, sa dilatation comme pour suggérer un arrêt sur image sur ces hommes. Un sentiment à la fois d’abandon fragile, mais aussi de liberté qui est suggéré. Liberté dans le mouvement, mais aussi dans la création, puisque le travail est loin d’être fini, mais il se poursuivra encore à Berlin, là où l’artiste réside et peut-être ailleurs. Et pour appuyer encore son intention, l’artiste a également présenté une performance aux Ateliers sauvages, jeudi dernier. Le visage camouflé pour dire l’Algérien lambda, jeté dans la scène et en montant sur un échafaud, Tarik Mesli se balancera les mains de part et d’autre enroulées de cordes. Il finit par se jeter dans le vide et tomber sur un amas de cartons… jeté dans le vide comme une quantité négligeable. Puis d’aller inscrire en noir sur blanc sur le mur «on n’est pas des oiseaux».
Un symbole fort, une réappropriation artistique de l’histoire, mais un très bel hommage à tous ces disparus de la guerre d’Algérie. Une vidéo aussi servira pour compléter ou accompagner ce travail…

Inauguration de la place du Souvenir

Cette année, la commémoration du cessez le feu en Afrique du Nord a eu lieu à Lacroisille et était jumelée avec l’inauguration de la Place du Souvenir. Cette journée nationale permet de se recueillir et de se souvenir de toutes les victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. Pour mémoire, 2 millions d’appelés ont servi en Algérie. Elle était présidée par Philippe Bonnecarrère sénateur du Tarn, Émilie Aussaguel et Jo Dalla Riva conseillers départementaux, Olivier Durand maire de Lacoisille et Roland Thuries président du Comité des Anciens Combattants du Haut Lauragais. Les maires des communes avoisinantes et les autorités militaires honoraient cette cérémonie de leur présence. La plaque de la place du souvenir envers ceux qui ont donné leur vie pour la France était dévoilée par les autorités présentes. La lecture du message de la FNACA était effectuée par Roland Thuries et celle du message du secrétaire d’état chargé des anciens combattants par Olivier Durand. Suite au dépôt d’une gerbe devant le monument aux morts et après avoir écouté le «chant des Africains» la cérémonie se continuait par le salut des autorités aux porte drapeaux et se terminait par un pot de l’amitié offert par la mairie dans la salle du Marronnier.

Les lieux de mémoire de la guerre l’indépendance algérienne

D’Emmanuel Alcaraz

Karthala, 2017

Description

Cet ouvrage se propose de revisiter la mémoire nationale algérienne pour montrer combien celle-ci participe à fois à la légitimation et à la contestation du pouvoir dans une société façonnée par la guerre d’indépendance, comme l’illustre le rôle majeur de l’armée encore aujourd’hui. L’auteur développe une perspective critique du nationalisme mémoriel algérien et met à jour la pluralité des points de vue, reflet de la diversité en Algérie. Il contribue ce faisant à éclairer les fondements de la crise identitaire que traverse la société algérienne, qui peine à élaborer un projet de « vivre ensemble » et à faire émerger une citoyenneté faisant consensus. Cette question se pose avec acuité après les « printemps arabes », et l’affaiblissement de la légitimité révolutionnaire des dirigeants algériens. En étudiant « l’histoire vue de l’autre côté », à travers des sources d’une grande amplitude (enquêtes de terrain en Algérie réalisées de 2006 à 2017, étude des musées et des monuments commémoratifs, archives militaires et judiciaires), l’auteur se positionne de manière originale par rapport au contentieux mémoriel franco-algérien. Il propose une histoire connectée des mémoires, faisant la part belle à une analyse critique des usages algériens du passé et des imaginaires sociaux que ces mémoires construisent. « L’histoire à parts égales » n’est-elle pas un devoir pour parvenir à une «juste mémoire» ?

Préface d’Aïssa Kadri

Naissance d’une nation (3/4) Guerre d’indépendance : des mémoires multiples… et concurrentes ?

1958-2019. A l’image de bien d’autres mémoires de conflits armés, la mémoire de la guerre d’indépendance se révèle depuis bientôt 60 ans rétive aux tentatives du pouvoir algérien pour la corseter, l’enfermer dans un récit national univoque. La Fabrique analyse ce feuilletage complexe des mémoires…

Emmanuel Laurentin et Séverine Liatard s’entretiennent avec Emmanuel Alcazar, historien et auteur de Les lieux de mémoire de la guerre d’indépendance (Karthala), Karima Dirèche, historienne directrice de l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain de Tunis et Nedjib Sidi Moussa, sociologue, auteur de Algérie, une autre histoire de l’indépendance (PUF).

Emmanuel Alcaraz : On assiste en effet à une réappropriation de cette mémoire de la guerre d’indépendance dont le pouvoir revendiquait jusque-là le monopole. On a vu par exemple des étudiants déposer des post-it sur la stèle dédiée Maurice Audin, militant communiste et anti-colonial français.

Nedjim Sidi Moussa : On a vu la foule brandir des portraits de dirigeants nationalistes et de maquisards minorés ou stigmatisés par l’histoire officielle comme Krim Bel Kacem, Amirouche, Si El-haouès ou Mostefa Ben Boulaïd. Même le portrait de Messali Hadj a été brandi à Tlemcen. Alors que le pouvoir algérien s’est toujours montré réticent à reconnaître le pluralisme du mouvement anti-colonial (le courant incarné par Ferhat Abbas, ou plus encore celui incarné par Messali Hadj, longtemps ostracisé) et que, d’autre part, les communistes ont été délégitimés par les conservateurs arabo-islamiques – ces symboles qui resurgissent aujourd’hui font le lien entre la révolution d’hier et la révolution démocratique d’aujourd’hui, en soulignant la difficulté de l’Algérie à construire une mémoire de la guerre d’indépendance qui reflèterait l’ensemble des sensibilités qui se sont exprimées au sein du mouvement anti-colonial.

Karima Dirèche : Dès l’indépendance, l’histoire en tant que discipline a été kidnappée par le pouvoir, pour aboutir à un récit national figé, héroïque et martyrologique. Alors que cette histoire officielle s’est maintenue dans les programmes scolaires et les pratiques pédagogiques, elle a été progressivement discréditée : on continue de l’apprendre mais on n’y croit pas. De la même façon que la rue aujourd’hui renvoie les élites politiques algériennes qui continuent de mobiliser une rhétorique d’arrière-garde héritée d’un logiciel obsolète aux attentes d’une société qui sont à des années-lumière. On assiste aujourd’hui à un déverrouillage complet des enjeux mémoriels sensibles.

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Colloque EPHMGA

À l’occasion de ses dix années d’activité, l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie vous invite à venir participer à son prochain colloque

MÉMOIRE DE LA GUERRE D’ALGÉRIE EN 2019
LA PLACE DES ARCHIVES NATIONALES ET INTERNATIONALES

11 AVRIL 2019
À L’AUDITORIUM DE L’HÔTEL DE VILLE DE PARIS
DE 9H00 à 17H00



PROGRAMME


09h30
– Accueil par Catherine Vieu-Charier, adjointe à la Maire de Paris, chargée de la Mémoire et du Monde Combattant, Correspondant-Défense
09h45 – Ouverture par Jean-Pierre Louvel, président de l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie
10h00 – « Déjà 10 ans… », par Jean Laurans, président honoraire de l’EPHMGA

10h15 – SÉANCE INTRODUCTIVE
par Benjamin Stora (Historien, professeur des universités, spécialiste du Maghreb contemporain)
Questions du public

11h15 – Table ronde
L’ÉCRITURE DE LA GUERRE D ALGÉRIE
Jean-Jacques Jordi (Spécialiste l’histoire de la colonisation et de ses acteurs)
Marius Loris (Doctorant à l’Université Paris 1 Sorbonne)
Guy Pervillé (Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Toulouse)
Tramor Quémeneur (Chargé de cours à Paris 8, membre du Conseil d’orientation du Musée national d’histoire et d’immigration)
Modérateur : Benjamin Stora
Questions du public

12h30 – Déjeuner buffet

14h – Table ronde
LES ARCHIVES DE LA GUERRE D’ALGÉRIE, UN OUTIL POUR L’ENSEIGNEMENT
Avec
Claude Basuyau (Professeur d’Histoire au Lycée Buffon, Paris XVe)
Benamar Benzemra (Conseiller Défense-Mémoire et Proviseur du Lycée Kandinsky, 92)
Claire Bonnin (Professeure d’Histoire à la Maison d’Éducation de la Légion d’Honneur de Saint-Denis, 93)
Abderahmen Moumen (Chargé de mission à l’ONAC-VG)
Modérateur : Paul Max Morin (Doctorant-Sciences Po Paris-CEVIPOF)
Questions du public

15h30 – Table ronde
LES ARCHIVES NATIONALES ET INTERNATIONALES EN QUESTIONS
Avec
Commandant Romain Choron (Service Historique de la Défense)
Jean-Paul Guéroult (Documentaliste à l’INA)
Emmanuel Thomassin (ECPAD)
Rosa Olmos (Département des archives écrites et audiovisuelles de La Contemporaine) (sous réserve)
André Rakoto (Directeur de l’ONACVG de Paris)
Modérateur : Hervé Serrurier (Conseiller-mémoire à l’ONACVG de Paris)
Questions du public

17h00 – Fin du colloque

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Un colloque national pour les Harkis à Évian en 2020 ?

Une délégation du comité national de liaison des Harkis, présidé par Boaza Gasmi, a été reçue par Josiane Lei, maire d’Évian-les-Bains (Haute-Savoie), qui a noté tous les détails de leur important préjudice subi pendant les années qui ont suivi le cessez-le-feu en Algérie en 1962.

Le président Boaza Gasmi a demandé au maire l’autorisation d’organiser un colloque national courant 2020 dans la ville historique des accords qui mirent fin à la guerre d’Algérie, afin de sensibiliser la population sur le sort qui a été réservé aux Harkis (Algériens qui ont combattu aux côtés des Français pendant la guerre d’Algérie) dans les années 60.

Josiane Lei a donné son accord de principe avant de soumettre la proposition au conseil municipal.

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BD: Le Dernier Atlas imagine une uchronie sur la guerre d’Algérie

Le Dernier Atlas imagine une histoire alternative de l’Algérie. Une manière pour ses auteurs d’évoquer sous le couvert de la fiction le traumatisme lié à la guerre d’Algérie et de l’exorciser.

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