Un officier putschiste honoré à Orange

21 mai 2019 à 8 h 14 min

Il y a quelques semaines, Bollène (Vaucluse), gérée par l’extrême droite, avait débaptisé la rue du 19 mars 1962 pour lui donner le nom de l’officier putschiste Denoix de Saint-Marc. Cette décision avait scandalisé les anciens combattants des associations ARAC, FNACA, ANACR, qui voient d’un œil inquiet la réécriture des combats coloniaux auxquels ils ont participé malgré eux.

Ils ont envoyé un courrier à la maire, estimant que «le débat stérile autour de telle ou telle date effective n’autorise pas à nier l’importance de ces accords qui furent un soulagement pour tous les appelés et leurs familles qui voyaient enfin une issue. Cette plaque est la preuve que la ville n’oublie pas l’atrocité de cette guerre et que seule la paix et l’amitié entre les peuples doivent nous guider».

Ces soldats, dont la bravoure avait fait échouer le putsch d’avril 1961, ne sont pas au bout de leur émoi.

La commune voisine d’Orange a en effet suivi le pas. La semaine dernière, la municipalité a entériné le choix de donner le nom du lieutenant-colonel Charles-Gilbert de La Chapelle à un rond-point, a rapporté le quotidien Vaucluse Matin.

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Regard objectif au haras sur la guerre d’Algérie

L’exposition «Mémoires de la guerre d’Algérie», organisée au début du mois par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onacvg) des Hautes-Pyrénées, a suscité un bel engouement. Vingt-trois panneaux présentaient l’histoire qui lie la France et l’Algérie de 1830 à 1954, de la conquête à la colonisation, de 1954 à 1962, durant la guerre d’Algérie et enfin l’histoire des mémoires de la guerre d’Algérie. L’Onacvg avait également donné la parole aux anciens combattants haut-pyrénéens ayant servi lors de ce conflit, ainsi qu’aux vétérans des essais nucléaires français menés à Reggane. Une fort belle réalisation appréciée et saluée également par les élèves de la classe défense du collège Desaix qui avaient procédé à la levée des couleurs et à la remise des Croix du combattant lors de la journée inaugurale. /Photo Sophie Loncan.

Mornant : un devoir de mémoire pour les collégiens de Saint-Thomas-d’Aquin

Depuis neuf ans, la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (Fnaca) intervient auprès des élèves de l’établissement Saint-Thomas-d’Aquin. Un étroit partenariat qui se traduit par des interventions afin de leur livrer des témoignages sur leur vécu lors de la guerre d’Algérie.

Cette année, André Million, Joanny Rouge et André Virieux sont venus à la rencontre des troisièmes. En amont, Cécile Ferrand, professeur d’histoire, a abordé la décolonisation de l’Algérie par le biais aussi de projection de film.

Les anciens combattants se sont donc prêtés au jeu des questions réponses. Pourquoi le conflit n’a-t-il pas été reconnu de suite comme une guerre? « Au début, on qualifiait notre intervention comme un maintien de l’ordre. Elle a été déclarée guerre en octobre 1999 et notre statut d’ancien combattant reconnu en 1974 », précise André Million.

Afin de répondre à la question « vous avez fait quoi en Algérie? », les intervenants ont dépeint leurs parcours, totalement différents en fonction du lieu où ils étaient basés, en ville, en caserne ou encore dans les villages. « Nous avons eu un parcours différent, personnellement j’étais dans le transport ferroviaire puis chauffeur d’un général, tandis qu’André était dans une unité de combat et Joanny dans l’armée de l’air », explique André Virieux.

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« Féroces infirmes » d’Alexis Jenni : France-Algérie, on refait (encore) le match

 

Entre deux rentrées littéraires, Alexis Jenni, le prix Goncourt 2011 pour L’Art français de la guerre, est revenu en librairie avec Féroces infirmes, toujours aux éditions Gallimard. Pour son quatrième roman, l’écrivain lyonnais questionne, sans grande originalité, la guerre d’Algérie. Un énième roman sur un thème où la difficulté de dire se fait monnaie (trop) courante ? Et si c’était plus que ça ?

# La bande-annonce

« Jean-Paul Aerbi est mon père. Il a eu vingt ans en 1960, et il est parti en Algérie, envoyé à la guerre comme tous les garçons de son âge. Il avait deux copains, une petite amie, il ne les a jamais revus. Il a rencontré ma mère sur le bateau du retour, chargé de ceux qui fuyaient Alger.

Aujourd’hui, je pousse son fauteuil roulant, et je n’aimerais pas qu’il atteigne quatre-vingts ans. Les gens croient que je m’occupe d’un vieux monsieur, ils ne savent pas quelle bombe je promène parmi eux, ils ne savent pas quelle violence est enfermée dans cet homme-là.

Il construisait des maquettes chez un architecte, des barres et des tours pour l’homme nouveau, dans la France des grands ensembles qui ne voulait se souvenir de rien. Je vis avec lui dans une des cités qu’il a construites, mon ami Rachid habite sur le même palier, nous en parlons souvent, de la guerre et de l’oubli. C’est son fils Nasser qui nous inquiète : il veut ne rien savoir, et ne rien oublier. 

Nous n’arrivons pas à en sortir, de cette histoire. »

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Une conférence sur la guerre d’Algérie bien suivie

Mardi 14 mai, de nombreux adhérents ont assisté à la dernière conférence de la saison à l’espace Ar Veilh. Sur l’estrade, la sociologue et écrivain Anne Guillou a évoqué la guerre d’Algérie. L’auteure de « Une embuscade dans les Aurès » et « Terre de Promesses » est revenue sur le conflit et s’est attardée en début de conférence sur l’histoire commune à la France et au pays du Maghreb dès le XIXe siècle. La dernière conférence de la saison aura lieu mardi 4 juin à 14 h à la salle Ar Sterenn de Châteauneuf-du-Faou. Au programme : « La rage, maladie du passé ? », par Nicolas Baron, professeur agrégé d’histoire-géographie.

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Soleil brûlant en Algérie de Gaétan Nocq (La Boîte à Bulles)

C’est l’histoire d’un jeune soldat réquisitionné pour le service militaire et qui découvre la réalité de la guerre d’Algérie qui fait l’objet de cette Présentation BD du Jour avec Soleil brûlant en Algérie de Gaétan Nocq qui vient de sortir chez La Boîte à Bulles.

A l’occasion de la parution du nouveau livre de Gaétan Nocq (Le Dossier W., Daniel Maghen), l’éditeur nous propose une réédition grand format qui sublime encore plus les paysages algériens.

Présentation de l’ouvrage

Appelé du contingent, Alexandre dit Tiko, 21 ans, débarque en 56 sur les collines brûlées d’Algérie, déjà secouées par la guerre d’Indépendance. Sur le chemin qui le mène d’Alger à l’école d’infanterie de Cherchell, il découvre avec fascination cette terre inconnue et son éblouissante lumière. Mais bien que son œil et son âme soient à même de savourer la beauté des montagnes algériennes, Alexandre peut difficilement fermer les yeux sur ce qui se passe alentour.

Car depuis sa caserne, l’apprenti soldat ne découvre pas seulement le quotidien du service militaire : il découvre aussi ce que représentent fameux « événements d’Algérie », euphémisme de l’époque pour désigner une guerre coloniale…

Mots de l’éditeur : Un témoignage authentique sur une guerre trop longtemps étouffée mais qui a marqué une génération de jeunes hommes, dans chaque famille.

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Bollène rend hommage au général défenseur des Harkis, Hélie de Saint-Marc

Par , France Bleu Vaucluse

Des associations d’anciens combattants, des Harkis et leurs proches se sont rassemblés samedi 11 mai à Bollène, pour rendre hommage à Hélie Denoix de Saint-Marc, ancien parachutiste durant la guerre d’Algérie et défenseur des Harkis. La mairie a rebaptisé la rue du 19 mars 1962 au nom de ce général. La plaque a été dévoilée dans la matinée. L’après-midi, les participants se sont rendus à la salle des fêtes de Bollène pour assister à une projection en son honneur : « Hélie de Saint-Marc, témoin du siècle » de la réalisatrice Marcela Feraru.

Les 650 spectateurs étaient très émus en sortant de la salle, à l’instar de cette Bollénoise : « C’est tout à fait ce que l’on ressent en tant que pied noir. On a tellement menti sur notre histoire que ça remet les choses à leur place. » Un peu plus loin, Fatima Kefif, présidente de l’Union départementale des anciens combattants français musulmans du Rhône, a fait le déplacement de Lyon pour assister à cet hommage. « Harkis ou FLN, ce n’était jamais un choix », tient-elle à rappeler.

Une « belle reconnaissance »

L’organisatrice de l’événement est Rachida Amallou Amri, présidente l’association des anciens combattants français musulmans de Bollène. Pour cette fille de Harki, ce rassemblement était une belle reconnaissance : « On s’est tous retrouvés, nous enfants de Harkis, quelques Harkis, la fille de Hélie Denoix de Saint-Marc, la réalisatrice roumaine Marcela Feraru… «  Cette dernière insiste sur l’importance du devoir de mémoire: « J’avais 18 quand j’ai rencontré Hélie de Saint-Marc, je ne savais pas qui c’était. Le mot Harkis on l’a entendu quand on avait 15 ans, on ne le prononçait pas car c’est comme si c’était un gros mot. »

La maire de Bollène Marie-Claude Bompart était présente cet hommage au général, comme un juste retour des choses : « Le 19 mars n’a jamais été la fin de la guerre d’Algérie, ça a été le début du terrible massacre des Harkis. Il était normal qu’après tant d’années de mensonges, on revienne à la vérité. »

Concernant le changement de nom de rue effectué le matin, certains anciens combattants, qui n’ont pas souhaité s’exprimer, sont très en colère.

Le cardinal Duval, un phare dans la tourmente algérienne

1.05.2019 par Jacques Berset, cath.ch

“Porter atteinte aux droits humains, c’est profaner l’honneur de Dieu”, lançait courageusement, en pleine guerre d’Algérie, Mgr Léon-Etienne Duval, en dénonçant la torture et les exécutions sommaires commises à l’époque par les forces françaises.

Un colloque organisé les 9 et 10 mai 2019 par la chaire d’histoire de l’Eglise de l’Université de Fribourg a montré comment le prélat originaire de Haute-Savoie, qui fut archevêque d’Alger de 1954 à 1988, a été un acteur majeur de l’histoire contemporaine de l’Algérie. Le cardinal Duval a en effet beaucoup fait pour la transformation d’une Eglise coloniale au sein de l’Algérie française en une Eglise en terre d’islam, désormais très minoritaire, discrète et humble, mais au service d’une population qui apprécie son engagement.

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Massacres en Algérie : un rassemblement à Paris pour commémorer « l’autre 8 mai 1945 »

Des associations, syndicats et partis ont appelé mercredi à un rassemblement à Paris pour commémorer les massacres commis en Algérie à partir du 8 mai 1945. Cet épisode meurtrier de l’histoire coloniale reste un grand oublié des commémorations.

Une vingtaine d’associations, de syndicats et de partis politiques ont appelé à un rassemblement place du Châtelet à Paris mercredi 8 mai, pour commémorer les massacres survenus en Algérie, le 8 mai 1945. Ce jour-là, d’importantes manifestations pour l’indépendance du pays, alors colonie française, ont été réprimées dans la violence et ont provoqué le massacre de milliers d’Algériens dans les jours qui ont suivi.

« Il est impossible de célébrer l’anniversaire de la victoire contre le fascisme sans vouloir arracher à l’oubli ce qui s’est passé en Algérie ce même 8 mai 1945 et les jours suivants », souligne le communiqué publié le 26 avril par les associations, syndicats et partis politiques, dont la Ligue des droits de l’Homme (LDH), la Confédération nationale du Travail (CNT), le Parti communiste français (PCF) et le Parti de gauche (PG).

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