« Photographier l’Algérie » : regards croisés de Pierre Bourdieu à Marc Riboud à l’Institut du monde arabe de Tourcoing

« Photographier l’Algérie », à l’Institut du monde arabe de Tourcoing explore, l’histoire tumultueuse de ce pays depuis la colonisation française jusqu’à la fin du XXe siècle. En mêlant des clichés de photo reporters, de sociologues, d’anciens colons ou d’Algériens d’aujourd’hui, l’exposition propose une vision plurielle de cette nation.

Comme un voyage dans le temps, l’exposition débute par le sépia des cartes postales. Des photographies d’anonymes du début du XIXe siècle. Albums souvenirs de la colonisation française, avec ces autochtones pittoresques qui fascinent les Européens en quête d’exotisme.

La photographie et la conquête coloniale

La conquête coloniale et la photographie ont une histoire commune. « La conquête coloniale a été exactement contemporaine de l’invention de la photographie dans les années 1830, rappelle Françoise Cohen, directrice de l’Institut du monde arabe de Tourcoing. Ça a été une passion suscitée par une conquête. Ça a été une prise de possession économique, une prise de possession d’un territoire. C’est très important de ne pas l’oublier. »

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Algérie. Le voyage du souvenir de Gabriel Le Guellec

Gabriel Le Guellec, habitant de Larmor-Plage (56) de 82 ans, s’apprête à vivre son deuxième voyage en Algérie, depuis la guerre du même nom. Il y a passé deux ans, de 1957 à 1959. 24 mois épuisants, moralement et physiquement, qui ont laissé des traces indélébiles. Du 18 au 28 avril, il foulera de nouveau les terres algériennes et se rendra au camp de Nesmoth.

« À 20 ans, on n’est jamais prêt pour ça ». Pudiquement, Gabriel Le Guellec se remémore ses 24 mois passés en Algérie. À 82 ans, ce Larmorien d’adoption a encore du mal à évoquer le quotidien sur le camp, le tabou d’une guerre qui a fait entre 300 000 et 400 000 morts algériens et 27 000 français (le coût humain de la guerre est encore discuté…). Du 18 au 28 avril prochains, il redécouvrira cette terre qu’il a foulée, malgré lui, à 20 ans, en 1957. « Je pars pour retrouver le camp de Nesmoth où j’ai passé deux ans. C’était une ancienne colonie de vacances transformée pour nous accueillir ».

« Personne n’était préparé à ce que l’on a vécu »

C’est en lisant un article de presse, relatant le même voyage d’un ancien soldat, que l’envie de partir lui est venue. « Je suis entré en contact avec cette personne qui m’a donné les coordonnés de l’organisateur, une agence de voyages parisienne qui a déjà mis sur pied des séjours pour d’anciens combattants ». Ce jeudi 18 avril, Gabriel Le Guellec partira avec une douzaine d’hommes venus des Côtes-d’Armor, du Finistère, d’Ille-et-Vilaine et d’autres départements français.

L’octogénaire a du mal à parler de son besoin de retourner en Algérie. Il était revenu en 1978 avec sa femme et ses deux enfants, alors âgés de 18 et 16 ans, sans pour autant leur exposer les horreurs de la guerre. « On racontait difficilement ce que l’on avait vécu, personne n’en a parlé à notre retour ». Le départ en 1957 a déjà été éprouvant pour le soldat morbihannais : « C’était très stressant, il y avait beaucoup de morts. On avait passé quatre mois en Allemagne pour faire nos classes, j’étais d’ailleurs avec beaucoup de Lorientais. Personne n’était préparé à ce que l’on a vécu ».

L’accueil des Algériens

Gabriel Le Guellec se souvient des opérations quotidiennes, des gardes de nuit, des amis qui sont tombés sous les balles, et semble toujours ému, muet, lorsque l’on lui demande de révéler ce qu’il y a vu. « Il y a des choses qu’on ne peut pas dire dans le journal… C’était affreux, cela me choque encore d’en parler. J’entends encore des hurlements… ».

Le 6 mai, cela fera 60 ans que Gabriel est rentré d’une guerre qui l’a marqué à tout jamais. Par les horreurs mais aussi par les liens qu’il a tissés là-bas. « On y a aussi passé de bons moments, on s’est fait des copains ». Dans ce périple de dix jours, il cherche aussi à aller à la rencontre des Algériens. « Ils sont très accueillants avec nous, bien plus qu’on ne pourrait l’être avec eux ! On va même assister au mariage d’un membre de la famille de l’organisatrice. Elle ne pouvait pas venir, alors nous sommes invités ! ».

L’Algérie, ce pays que les jeunes appelés français ont découvert en guerre

Ils sont nés entre 1932 et 1943 et ont été embarqués dans l’aventure algérienne. Pour la majorité d’entre eux, c’était leur premier grand voyage.

Voici le merveilleux livre d’un amour qui se construit doucement entre une jeune institutrice et un jeune soldat, perdu au milieu de la guerre d’Algérie. Le récit progresse en partie par le dévoilement progressif de lettres intimes, pleines de vérités, d’émotions contenues. Pierre et Georgette vont s’écrire pendant deux ans, entre 1958 et 1960, un moment charnière où l’Algérie française a basculé. Le 16 septembre 1959, le général de Gaulle s’est prononcé pour l’autodétermination en Algérie. Le 16 septembre, précisément le jour de l’anniversaire de Pierre, le jeune “héros” de ce livre (né en 1936).

Dans le récit d’Isabelle Laurent, et dans cette correspondance entre les deux jeunes gens, se dessine le portrait de la génération du djebel. Des hommes qui ne connaissaient rien de l’Algérie en guerre. Venant de toutes les origines sociales (des fils de commerçants, de paysans, d’ouvriers), de toutes les régions de métropole, les voici éblouis par ce pays d’une Afrique si lointaine, et si proche. Voici, sous la plume d’Isabelle Laurent, Claude, ouvrier sur une chaîne de montage; Roger, un garçon des rues et de ses petits larcins; Stanislas, un fils de commerçant; Pierre, Louis, Marie, Simon, le père de la narratrice est un paysan originaire des Vosges… Ce livre nous rappelle que des jeunes appelés, nés entre 1932 et 1943, ont été embarqués dans l’aventure algérienne. En tout, plus d’un million et demi de soldats ont traversé la Méditerranée, de 1955 à 1962. L’Hexagone compte alors moins de cinquante millions d’habitants. Parmi ces jeunes soldats, il n’y a que très peu de rêveurs en attente de coutumes et saveurs d’un Orient de légende. Seulement la résignation, la banalisation d’une angoisse et le saut vers l’inconnu. Pour l’immense majorité d’entre eux, c’est pourtant leur premier grand voyage, le départ hors de la province, de l’Hexagone vers un Sud, une colonie lointaine. Et ils verront là des paysages magnifiques qui resteront pour toujours gravés dans leur mémoire. Pour la plupart des jeunes soldats, et ils s’en souviendront encore longtemps, aller en Algérie constituait une première expérience de “tourisme” hors de son village, de son quartier, de sa ville. Les lettres de Pierre mentionnent cette découverte d’un pays resplendissant, plein de la beauté dépouillée des rivages méditerranéens, entre montagnes et désert.

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D’où vient l’expression « pieds-noirs » ?

« Pieds-noirs », c’est le surnom donné aux rapatriés d’Algérie d’origine européenne, dans les années 1950/1960. Mais d’où vient-il ? C’est la question de Philippe dans « Les p’tits bateaux » de Noëlle Bréham, l’émission du dimanche qui répond aux questions des enfants. La réponse de l’historien Jean-Yves Le Naour. 

Jean-Yves Le Naour explique :

« On ne sait pas d’où vient cette expression qui désigne les Français d’Algérie rentrés en France à partir de 1954 (environ 800 000 personnes), des débuts de la Guerre d’Algérie, ceux qui ont fait « le choix de la valise, plutôt que du cercueil » et qui se reconnaissent comme pieds-noirs ».

Il existe de multiples hypothèses

  • Certains disent que les soldats qui ont fait la conquête de l’Algérie avaient des souliers noirs. Donc quand ils les enlevaient, ils avaient les pieds noirs… Jean-Yves Le Naour n’y croit absolument pas.
  • Une autre hypothèse serait que les Européens avaient les pieds noirs parce qu’ils foulaient le raisin. Une explications pas plus crédible selon Jean-Yves Le Naour parce que l’expression « pieds-noirs » apparaît dans les années 1950, et que la conquête de l’Algérie date du XIXe siècle. Donc ça n’a aucun rapport.
  • Il y a des historiens, dont Guy Pervillé, spécialiste de la Guerre d’Algérie, qui pensent que quelque part l’expression « pieds-noirs » désignait les « indigènes », et que c’était une expression péjorative pour parler des Algériens d’origine. Pourquoi ? Parce souvent ils ne portaient pas de chaussures dans les « bleds », les villages. Comme ils allaient  pieds nus, ils avaient les pieds sales. Cette désignation serait ensuite passée en métropole où elle aurait désigné les Français d’Algérie, une façon de les cataloguer comme des Français de seconde zone.

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Exposition : Football et monde arabe

Football et monde arabe, c’est la belle exposition à voir à l’Institut du Monde Arabe du 10 avril au 21 juillet 2019. Interview, documentaires, photos d’archives, on vit l’engouement que procure le football dans les pays arabes !

L’exposition football et monde arabe de l’Institut du Monde Arabe arrive en pleine Coupe d’Afrique des Nations et alors que le monde entier se questionne sur l’organisation de la Coupe du Monde au Qatar 2022.

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Pendant 3 mois, du 10 avril au 21 juillet 2019, cette belle présentation s’intéresse à 11 parcours de footballeurs, équipes et événements du football arabe entrés dans l’histoire.

Au programme : la France « Black-Blanc-Beur » de la Coupe du Monde 1998 et le destin de Zinédine Zidane, la création du FNL en 1958 par trois joueurs de l’équipe de France qui quittent tout pour monter la première équipe nationale algérienne en pleine Guerre d’Algérie, les réactions des ultras lors des printemps arabes, dont le drame de Port-Saïd où 72 supporters cairotes perdent la vie en 2012, mais surtout l’organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, avec une dizaine de maquettes des stades en construction présentés dans l’exposition !

Des photographies, des extraits d’archives, de documentaires, mais aussi des coupes, des médailles, et des maillots, cette exposition est très bien fournie. Visuelle et lisible, l’exposition nous apprend que les pays du monde arabe sont aussi fans de foot que les européens et que des talents sont à découvrir dans cette région du monde même si on n’a toujours pas compris pourquoi on finissait cette belle exposition par une présentation de vêtements de créateurs aux couleurs du PSG et de ses joueurs, qui n’a rien de foot, ni de monde arabe…

On est surpris mais très heureux de voir le focus sur Zinédine Zidane lors de la Coupe du Monde 1998, avec le trophée de la Coupe du Monde 1998 et celui de la Coupe du Monde 2018, prêtés pour l’occasion par la FFF, le maillot de Zidane et des photos du match France-Algérie de 1998, un message fort pour l’intégration par le sport.

A côté des témoignages, des œuvres contemporaines particulièrement signifiantes sont intégrées dans le parcours. On parle déjà de la présence d’œuvres engagées d’Amélie Debray, Luca Sola, Khaled Jarrar et de Karim Al Hayawan, qui plairont à tout le monde, et un citystade installé sur le parvis,pour affronter l’équipe de Tatane les samedi du 13 avril au 6 juillet 2019 (activité payante et sur réservation!).

Une chose est sûre, l’exposition Football et monde arabe s’annonce comme l’une des expériences populaires de 2019 à Paris !

De Gaulle : le roi du référendum face à la guerre en Algérie

Olivier Duhamel revient pour une nouvelle série intitulée « Nos présidents dans la tourmente ». L’épisode 1 est consacré à la première tempête affrontée par le premier président de la Ve République : le général de Gaulle.

Cela ne vous a pas échappé : Emmanuel Macron a dû faire face ces derniers mois à une crise sociale et politique d’une ampleur inédite, celle des « gilets jaunes ». Mais avant lui sous la Ve République, d’autres chefs de l’Etat français ont également affronté des tempêtes, des tourmentes, des « affaires », bref des crises en tout genre. Comment ont-ils fait face ? Et en quoi les institutions les ont aidés à tenir ? Olivier Duhamel revient pour une nouvelle série intitulée « Nos présidents dans la tourmente » et produite par Europe 1 Studio.

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Tarik Mesli dévoile « On n’est pas des oiseaux »

Une expo sous forme de work in progress de l’artiste plasticien Tarik Mesli a été présentée cette semaine aux Ateliers sauvages.

Intitulé «On n’est pas des oiseaux» ce travail fait référence à cette phrase «On nous a jetés dans la Seine alors qu’on n’est pas des oiseaux!» Une phrase qui peut prêter à sourire et pourtant, elle fait référence à un des témoignages de rescapés de la tragédie du 17 octobre 1961 où des milliers d’Algériens furent réprimés sévèrement après une manifestation pacifique en étant jetés par le colonisateur français dans la Seine à Paris. Inspiré de ce fait divers terrible, Tarik Mesli a mis en scène, sur du papier kraft, un homme en chute vertigineuse, comme l’illustre le vaste champ de blanc immaculé de l’espace de ces images. Décliné sur plusieurs papiers et collé sur le mur dans une disposition non linéaire, le plasticien a voulu traduire la notion de rythme de narration qui peut caractériser peut-être l’envol.
Aussi, en vue de réaliser un long métrage ou «film de plasticien», l’artiste a d’abord fait appel à la peinture en inversant le processus de fabrication d’un film. En effet, ici la peinture précède les mots.
A l’aide de pigments naturels comme le café et autre pigment classique comme les coques de noix pilées, l’artiste a peint ces hommes couchés dont le corps est noyé dans une peinture diluée, qui s’effacent dans cet envol, tout en étant plus que jamais présents dans cet acte diabolique. Comme un cinéaste, Tarik Mesli a le souci du temps d’où son étirement à l’infini. Ses peintures accrochées de façon non linéaire, nous l’avions souligné récemment, disent l’écoulement du temps, sa dilatation comme pour suggérer un arrêt sur image sur ces hommes. Un sentiment à la fois d’abandon fragile, mais aussi de liberté qui est suggéré. Liberté dans le mouvement, mais aussi dans la création, puisque le travail est loin d’être fini, mais il se poursuivra encore à Berlin, là où l’artiste réside et peut-être ailleurs. Et pour appuyer encore son intention, l’artiste a également présenté une performance aux Ateliers sauvages, jeudi dernier. Le visage camouflé pour dire l’Algérien lambda, jeté dans la scène et en montant sur un échafaud, Tarik Mesli se balancera les mains de part et d’autre enroulées de cordes. Il finit par se jeter dans le vide et tomber sur un amas de cartons… jeté dans le vide comme une quantité négligeable. Puis d’aller inscrire en noir sur blanc sur le mur «on n’est pas des oiseaux».
Un symbole fort, une réappropriation artistique de l’histoire, mais un très bel hommage à tous ces disparus de la guerre d’Algérie. Une vidéo aussi servira pour compléter ou accompagner ce travail…

Colloque EPHMGA

À l’occasion de ses dix années d’activité, l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie vous invite à venir participer à son prochain colloque

MÉMOIRE DE LA GUERRE D’ALGÉRIE EN 2019
LA PLACE DES ARCHIVES NATIONALES ET INTERNATIONALES

11 AVRIL 2019
À L’AUDITORIUM DE L’HÔTEL DE VILLE DE PARIS
DE 9H00 à 17H00



PROGRAMME


09h30
– Accueil par Catherine Vieu-Charier, adjointe à la Maire de Paris, chargée de la Mémoire et du Monde Combattant, Correspondant-Défense
09h45 – Ouverture par Jean-Pierre Louvel, président de l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie
10h00 – « Déjà 10 ans… », par Jean Laurans, président honoraire de l’EPHMGA

10h15 – SÉANCE INTRODUCTIVE
par Benjamin Stora (Historien, professeur des universités, spécialiste du Maghreb contemporain)
Questions du public

11h15 – Table ronde
L’ÉCRITURE DE LA GUERRE D ALGÉRIE
Jean-Jacques Jordi (Spécialiste l’histoire de la colonisation et de ses acteurs)
Marius Loris (Doctorant à l’Université Paris 1 Sorbonne)
Guy Pervillé (Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Toulouse)
Tramor Quémeneur (Chargé de cours à Paris 8, membre du Conseil d’orientation du Musée national d’histoire et d’immigration)
Modérateur : Benjamin Stora
Questions du public

12h30 – Déjeuner buffet

14h – Table ronde
LES ARCHIVES DE LA GUERRE D’ALGÉRIE, UN OUTIL POUR L’ENSEIGNEMENT
Avec
Claude Basuyau (Professeur d’Histoire au Lycée Buffon, Paris XVe)
Benamar Benzemra (Conseiller Défense-Mémoire et Proviseur du Lycée Kandinsky, 92)
Claire Bonnin (Professeure d’Histoire à la Maison d’Éducation de la Légion d’Honneur de Saint-Denis, 93)
Abderahmen Moumen (Chargé de mission à l’ONAC-VG)
Modérateur : Paul Max Morin (Doctorant-Sciences Po Paris-CEVIPOF)
Questions du public

15h30 – Table ronde
LES ARCHIVES NATIONALES ET INTERNATIONALES EN QUESTIONS
Avec
Commandant Romain Choron (Service Historique de la Défense)
Jean-Paul Guéroult (Documentaliste à l’INA)
Emmanuel Thomassin (ECPAD)
Rosa Olmos (Département des archives écrites et audiovisuelles de La Contemporaine) (sous réserve)
André Rakoto (Directeur de l’ONACVG de Paris)
Modérateur : Hervé Serrurier (Conseiller-mémoire à l’ONACVG de Paris)
Questions du public

17h00 – Fin du colloque

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Hommage au Général Jacques de Bollardière à Carhaix

Depuis quelques années, la ville de Carhaix rend hommage, sous forme de statues, à des Bretonnes et Bretons célèbres comme les Sœurs Goadec, Anatole Le Braz ou plus récemment 4 champions cyclistes dont Le Peuple breton a parlé en 2018 (la prochaine statue sera Angela Duval). En ce 19 mars 2019, commémoration de l’armistice signé à la fin de la Guerre d’Algérie, c’est à l’Histoire que la ville a rendu hommage avec l’inauguration de la statue du Général de Bollardière. Le Peuple breton y ajoute son épouse Simone.

Et justement, Simone aurait voulu être présente. Mais à 97 ans, elle n’a pas pu faire le déplacement. La cérémonie s’est en revanche déroulée en présence des 3 filles du couple, dont Armelle Bothorel, maire de La Méogon (22). Celle-ci a lu devant ses sœurs Soisik et Marion un très beau témoignage sur la vie de leur père, ou plutôt de leurs parents qui ont toute leur vie œuvré dans le même sens.

Dans son discours, elle nous disait ceci : « Cet hommage nous le partageons avec tous ceux qui ont combattu aux côtés de mon père, dans les sombres heures de notre pays, avec toutes les personnes sur les deux rives de la Méditerranée pour lesquelles l’engagement de mon père a été une lumière d’espérance, avec tous ceux qui, avec lui, ont ouvert les voies d’une résolution non-violente des conflits, avec tous ceux qui œuvrent pour que la Bretagne soit belle, vivante, libre, solidaire et dynamique et à laquelle mon père était si attaché. »

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Histoire iconoclaste de la guerre d’Algérie et de sa mémoire

LE FIGARO HISTOIRE – Guy Pervillé ne cède rien aux récits partisans et sélectifs, et établit la vérité des faits à propos de cette guerre qui prit fin en 1962 mais qui se poursuit dans les esprits.

L’un des meilleurs spécialistes de la guerre d’Algérie, Guy Pervillé, se distingue par la qualité et l’honnêteté de ses travaux, qui tranchent sur une production trop souvent livrée aux récits militants et passionnés. C’est pourtant la passion de la vérité qui anime son Histoire iconoclaste de la guerre d’Algérie, laquelle retrace par le menu l’histoire de l’Algérie coloniale, les «événements» de 1954 à 1962 et leur réécriture, la lutte des mémoires et enfin l’historiographie de la guerre d’Algérie, soumise au feu conjoint des politiques et des revendications mémorielles. Complète et scrupuleuse, cette excellente synthèse ne se contente pas d’éclairer le moindre recoin d’un sujet ô combien sensible. Assortie d’un témoignage très personnel de l’auteur sur son expérience de chercheur, elle est un modèle de ce que devrait être toute œuvre d’historien.

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Histoire iconoclaste de la guerre d’Algérie et de sa mémoire, Guy Pervillé, Vendémiaire, 22 novembre 2018, 672 pages, 26 €.