Entre propagande, témoignage et mémoire : le cinéma de guerre

Tout d’abord pour les adeptes du genre, le festival international de cinéma War on screen commence aujourd’hui entre Châlons-en-Champagne, Suippes et Mourmelon et comme son titre l’indique il est dédié aux représentations de la guerre au cinéma. Deux invités sont à l’honneur, Bertrand Tavernier, une évidence et, plus rare, Mike Leigh. Le réalisateur britannique donnera une Master classe et présentera en avant première son nouveau film Peterloo consacré à la répression sanglante d’une manifestation pour davantage de démocratie au Royaume Uni en 1819, une fresque sociale fidèle au style du réalisateur.

Le cinéma de guerre, un genre à part

Beaucoup de films de guerre, ou sur la guerre et ceux qui la vivent dans ce festival War on screen, mais peu de débats. S’il vous prend  l’envie d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de l’invention des cinémas de guerre entre propagande, mémoire, témoignage et cinéma, la thèse de Laurent Veray, spécialiste avisé de la question, L’avènement d’une culture visuelle de guerre : le cinéma en France de 1914 à 1928, est rééditée par les Nouvelles éditions.

Pour ceux qui ne peuvent pas se rendre à Châlons-en-Champagne, à Suippes ou à Mourmelon, une alternative vous est proposée par France 5. Aux armes citoyens, documentaire en deux parties, sur le service militaire dont le premier volet a été diffusé hier et disponible en replay en attendant le deuxième volet diffusé la semaine prochaine qui reprend le fil de l’histoire de la conscription après la Seconde Guerre mondiale. Le récit des « relations passionnées et tumultueuses » des Français avec la défense de leur patrie accompagnent la nouvelle version de ce moment citoyen initiatique programmé par le président de la République : le Service national universel (SNU) lancé en juin dernier.

EN SAVOIR PLUS

Guerre d’Algérie. Hommage aux Harkis

Ce mercredi 25 septembre, devant le monument aux morts, Saint-Brieuc a rendu hommage aux Harkis et aux membres des formations supplétives qui ont servi la France durant la guerre d’Algérie (1954-1962). « La France dit sa reconnaissance et son attachement profond à ses enfants », a déclaré dans son discours Béatrice Obara, la sous-préfète de l’arrondissement de Saint-Brieuc. Ce discours a notamment précédé une Marseillaise chantée par les élèves de l’Epide, l’école de la deuxième chance installée à Lanrodec.

« Les souvenirs viennent à ma rencontre » : Edgar Morin raconte sa traversée du siècle

Edgar Morin, curieux de tout, aujourd’hui engagé en faveur de l’écologie, raconte sa traversée du siècle. Elle fut marquée par ses combats à gauche et ses rencontres amicales. Neuf entrées pour comprendre l’une des figures centrales du monde intellectuel.

La leçon

Ses souvenirs viennent à notre ­rencontre. Ils sont peuplés d’autres et d’aubes. L’homme a eu mille vies. Il croit en la ­régénération. Il s’est baigné sans compter dans le fleuve du siècle. La ­Résistance, les guerres d’Algérie, de ­Yougoslavie, du Moyen-Orient, le rejet du fanatisme et du capitalisme, les grandes rencontres amoureuses et amicales.

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Le père du Street Art : Ernest Pignon-Ernest « Ecce homo. Interventions 1966-2019 » en Avignon

Christophe Chiclet

L’exposition, produite par la ville d’Avignon et Avignon Tourisme, expose plus de 400 œuvres dans toute la Grande Chapelle du Palais des Papes, retraçant le parcours de l’artiste depuis plus de soixante ans. Il s’agit de photos, de collages, de dessins, venus du musée de Montauban, de la galerie parisienne Lelong & Co et de collections privées. Ces « tableaux » représentant souvent des personnages, sont au format, à l’échelle, quasi un-pour-un, c’est-à-dire grandeur nature.

Ayant commencé à coller dans les rues dès 1966, il est considéré comme l’un des fondateurs du street art mondial. Il s’agit bien sûr d’art éphémère, le support papier subissant l’outrage du temps (le soleil, la pluie). Mais ces collages représentant des sujets engagés, ils sont aussi la cible d’arrachages, de lacérations, de tags… Ernest Pignon-Ernest a donc pris soin de les photographier. Sage décision.

Un engagement politique et social

Avec ces collages, l’artiste prend fait et cause pour le droit à l’avortement, la situation des immigrés-expulsés, la lutte contre le sida, dénonçant l’apartheid, la situation des Palestiniens, les accidents du travail, l’univers carcéral… Il se veut aussi quelque part une sorte de « gardien de l’Histoire », avec ses œuvres « Les gisants de la Commune de Paris », « Métro Charonne » (manifestation du 8 février 1962 contre la guerre d’Algérie qui fit huit morts écrasés contre les grilles de la station de métro), « Maurice Audin » (jeune professeur communiste mort sous la torture de l’armée française à Alger). Il a aussi collé à Soweto, le poster d’un homme tenant dans ses bras un jeune écolier tué lors de la révolte de ce township. A Ramallah, il a affiché des portraits du grand poète palestinien Mahmoud Darwich. Ernest Pignon-Ernest milite pour la création d’un musée d’art contemporain dans les territoires palestiniens. Idée fortement combattue par Israël et le Hamas de Gaza !

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Radar / Actualités IL SERA DIFFUSÉ aujourd’hui SUR LA CHAÎNE “TOUTE L’HISTOIRE” Un nouveau documentaire sur la guerre d’Algérie

Un nouveau documentaire sur la guerre d’Algérie, réalisé par Bernard Andrieux, philosophe et professeur à l’université Paris-Descartes, sera diffusé aujourd’hui sur la chaîne thématique “Toute l’Histoire”. Intitulé “Algérie, facettes d’une guerre (1954-1962)”, ce nouveau documentaire se veut un long récit des événements de la guerre d’Algérie, basé sur des témoignages d’acteurs et de témoins de l’époque, appuyés par de nombreuses images d’archives.

Rachid Arhab se lance dans un nouveau projet audiovisuel… voulu par Emmanuel Macron !

L’ancien membre du CSA et chroniqueur de Cyril Hanouna, Rachid Arhab, participe au développement d’une plateforme audiovisuelle commune à la France et l’Algérie.

C’est un projet d’ampleur dans lequel s’est lancé Rachid Arhab, l’ex-journaliste de France Télévisions, également ancien membre du CSA. Celui qui fût chroniqueur de Cyril Hanouna dans Touche pas à mon poste ! durant quelques semaines en 2017, planche actuellement sur le lancement d’une plateforme de diffusion franco-algérienne à la télévision comme l’indiquent nos confrères du Journal du Dimanche dans leur édition du 21 juillet. Le projet, souhaité par Emmanuel Macron lors de sa visite à Alger en 2017, commence à prendre forme.

Rachid Arhab collabore notamment avec Pascal Josèphe, ancien directeur des programmes de TF1 et France Télévisions, pour mettre en place ce média audiovisuel fondé sur le modèle de la chaîne Arte, symbole de l’union entre la France et l’Allemagne. « Guerre d’Algérie, mémoire collective, place de l’islam, laïcité, terrorisme, crise des migrants et des réfugiés, crise économique, crise politique… Un Français sur sept a un lien avec l’Algérie » a expliqué l’ancien journaliste à nos confrères, précisant qu’il avait entamé des discussions avec les autorités algériennes dans le but de leur présenter le projet.

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Du manuscrit à la publication : « Le trident d’argent », une aventure

Le dire et le faire ne se mesurent pas que dans l’écart qui inscrit la parole dans l’acte, mais aussi par le message envoyé qui a atteint ou pas son destinataire dans l’interprétation qui lui sera donnée. Un livre, une histoire pour que l’aventure de la vie puisse continuer.

Un jour, un destin… Je me dis que j’aurais pu faire mieux. Ecrire sur la guerre d’Algérie. Comment je l’ai vécue, comment j’ai pu quitté ma terre natale. Je n’y suis pas encore prête.

Alors, les mécanismes imaginaires, ceux qui défont les chaînes du silence, de l’angoisse parfois, m’ont poussé à créer des personnages, à revisiter des endroits de l’Hexagone que j’ai aimés. Les imbriquer tel un puzzle, de manière que le lecteur du « Le trident d’argent » participe à l’enquête du commandant Jo Masso, aidé, officieusement par son ami journaliste Jeff Candrone.

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Algérie: l’histoire des services de l’ombre

Pouvoir incontournable et occulte, les services de renseignements algériens ont toujours été l’arme secrète du régime. Une histoire marquée, durant plusieurs décennies, par le puissant DRS (Département du renseignement et de la sécurité) dirigé par le mystérieux général Toufik, aujourd’hui maintenu en prison par le général Gaïd Salah, l’actuel homme fort du pays. Des services au cœur d’un système que la révolution populaire condamne aujourd’hui. 

MLGC, MALG, SM, DGPS, DCSA, DRS, ce sont les acronymes qui ont successivement désigné les services de renseignements algériens. Ces services se sont ensuite restructurés en trois directions générales : la Direction générale de la sécurité intérieure (DSI), la Direction générale de la documentation et de la sécurité (DDSE) et la Direction générale du renseignement technique (DRT). Trois entités directement rattachées à la présidence de la République sous l’appellation de CSS : Coordination des services de sécurité.

Une configuration liée aujourd’hui à un pouvoir intérimaire (celui du général Gaïd Salah) susceptible de connaître encore d’importantes recompositions. Cette histoire des services algériens est non seulement révélatrice des stratégies et des moyens mis en œuvre par les acteurs du régime, mais nous raconte aussi comment, à certaines époques, ces services ont été le véritable pouvoir en Algérie.

À l’origine des services secrets algériens

L’histoire du renseignement algérien commence avec la guerre d’indépendance, sous l’impulsion d’Abdelhafid Boussouf, qui fut l’un de ses principaux fondateurs. Comme l’explique Saphia Arezki dans son excellent ouvrage intitulé De l’ALN à l’ANP, la construction de l’armée algérienne 1954-1991, aux éditions Barzakh, « Abdelhafid Boussouf, né en 1926 dans le Constantinois, milite très jeune au sein du Parti du peuple algérien (PPA), avant de rejoindre l’Organisation spéciale (OS) dont il devient l’un des cadres. Au lendemain du déclenchement de la guerre, en 1954, il est l’adjoint de Larbi Ben M’Hidi, chef de l’Oranais (zone V), qui lui en laisse le commandement en 1956. En charge des liaisons et communications au niveau national […], il va mettre en place, en toute indépendance, les services de renseignement de l’Armée de libération nationale (ALN) ».

Dans ce cadre, il créé la première école d’officiers de renseignements, destinés à être formés dans le domaine des transmissions, où comme le précise Saphia Arezki, « les jeunes sont soumis à une stricte discipline pour préserver l’opacité du réseau qu’il a constitué, opacité qui marquera profondément l’État algérien ».

Raymond Depardon invité d’honneur des Rencontres sahariennes de Saint-Poncy

Depuis vingt ans, des amoureux du Sahara se retrouvent tous les deux ans dans le Cantal pour partager leur passion commune aux Rencontres sahariennes. Ils sont géographes ou artistes. Parmi eux cette année, un invité d’honneur : le photographe et réalisateur Raymond Depardon passionné par le désert.

Le désert : source d’inspiration inépuisable

De la Mauritanie à l’Érythrée, du Niger au Tchad, Raymond Depardon trouve un certain réconfort dans le désert. Un refuge où le documentariste puise son inspiration.  « Moi, je vois des films à faire lorsque je suis dans le désert« , raconte-t-il. En 50 ans, il a réalisé des films, des séries photographiques qui racontent la vie des peuples nomades.

Une rencontre qui marque le début de sa carrière

C’est à l’âge de 18 ans que Raymond Depardon rencontre pour la première fois le désert. Le jeune photographe de presse, alors pigiste pour l’agence Dalmas, est envoyé en Algérie pour un travail documentaire sur la résistance du corps humain à la chaleur. C’est alors une révélation. Au contact des éleveurs il retrouve ses origines rurales du centre de la France.

Un jour, il part avec une section de recherche militaire pour retrouver des appelés du contingent qui étaient partis chasser la gazelle et qui s’étaient perdus dans le désert. Au final, l’expédition retrouve trois survivants, les quatre autres ont été mangés par le soleil. Depardon fait une bobine de Rolleiflex. « Mais c’était en 1960, c’était la guerre, on était en pleine censure, on m’a demandé de donner les films. À l’agence, les photographes un peu voyous m’avaient donné une consigne : tu ne donnes jamais tes films », raconte le photographe

Depardon : Le captif du désert

Lorsqu’il décide, au début des années 1990 de réaliser La Captive du désert, Depardon souhaite restituer certaines images qui lui restent de ses précédents reportages sur les nomades Toubous au nord du Tchad. Le film raconte la prise d’otage par ce groupe révolutionnaire de l’ethnologue française Françoise Claustre dans les années 1970. On y voit Sandrine Bonnaire, qui joue le rôle de la prisonnière, seule au milieu des nomades, ballottée de grotte en grotte. Le désert apparait alors dans tout ce qu’il a d’épuisant.

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Elle resta fidèle au combat de son époux : Roses rouges pour Hélène Iveton

Malgré les avanies et la dureté de sa vie, elle qui méritait bien autre chose, modeste et d’un courage hors du commun, Hélène Iveton fut une véritable héroïne qui mérite de garder dans notre mémoire et dans nos cœurs une place privilégiée.

Au petit matin, dans le froid aigre de ce 11 février 1957, vers 7 heures, quand Hélène entendit que l’on frappait à sa porte. Elle ouvrit. C’était Pascal, le père de Fernand Iveton. Il pleurait. Hélène comprit le malheur qui venait de s’abattre sur eux. Ensemble, ils partirent pour lire l’annonce affichée sur la porte de la prison. Puis ils allèrent au cimetière d’El Alia. Trois tombes étaient encore fraîches. Les démarches qu’ils effectuèrent pour que Fernand repose auprès de sa mère se heurtèrent à un refus.

C’est là l’épilogue d’un drame noué le 14 novembre 1956, lorsque Fernand Iveton, membre du PCA, ouvrier tourneur dans l’usine à gaz du Hamma appelé aussi “le Ruisseau” passe à l’action afin de mettre en accord ses actes avec ses convictions. Pour aider ses frères algériens dans la lutte qu’ils ont engagée pour l’indépendance, il décide de placer une bombe près du gazomètre à une heure où l’usine serait déserte, évitant ainsi de faire des victimes. Mais l’engin explosif placé dans un placard est découvert par les petits chefs Oriol et Carrio, trop heureux de dénoncer le délégué CGT. Iveton est aussitôt arrêté, emmené au commissariat, torturé, il en sort noir de coups et des brûlures à l’électricité.

Au terme d’un procès vite expédié, où il n’aura pour le défendre que deux avocats commis d’office, lui qui n’a ni tué, ni blessé personne, le jeune militant de 31 ans est condamné à mort. C’est alors que va se jouer la dernière scène d’un crime d’État où le président René Coty, après avoir longuement hésité, a refusé la grâce sur les injonctions du ministre d’Etat, garde des Sceaux, chargé de la justice, François Mitterrand, comme celui-ci a refusé celle de 45 autres condamnés à mort algériens. En 1965, François Mitterrand devenait candidat unique de la gauche à l’élection présidentielle. Le silence s’étendait sur son action durant la guerre d’Algérie, comme ministre de l’Intérieur, puis comme ministre de la Justice.

Cette histoire-là reste à écrire
Ce 14 novembre 1956 dans l’après-midi, Hélène voit arriver trois tractions. Dans chacune il y a trois hommes, la fine fleur de la police colonialiste. Ils entrent, et saccagent la maison. La perquisition terminée, ils emmènent Hélène au commissariat de la rue Carnot où elle est enfermée dans une petite cellule, malmenée avant d’être relâchée, faute de preuves. Dans la soirée, Hélène est remise en liberté. Il est vingt heures. Il fait nuit. Elle va jusqu’à la station de taxis. Il y a là un chauffeur musulman. En cours de route, ils bavardent. Elle lui dit qu’elle est la femme d’Iveton. Arrivés à son domicile 73, rue des Coquelicots, il ne veut pas qu’elle le paie. C’est la première marque d’une solidarité que de nombreux Algériens ont voulu lui témoigner.

Le procès 
La nouvelle est officielle : Fernand va être jugé par un tribunal militaire en flagrant délit. Le procès est fixé au 24 novembre. Le jour du procès, Hélène s’est fait couper les cheveux. Quand elle arrive avec les parents de Fernand, les photographes s’en donnent à cœur joie. Elle dit à sa belle-mère : “Il ne faudra surtout pas pleurer, simplement écouter”, afin de ne pas se montrer à ce public de colons hostiles et menaçants. La petite salle d’audience est archi-comble. Hélène pense à une salle de théâtre. Autour de la salle sur une sorte de balcon, il y a une vingtaine de militaires en armes. Les juges entrent. Ils sont sept, en tenue militaire. Le président est Roynard, un magistrat volontaire, rappelé pour juger sous l’uniforme. Paul Teitgen, haut-commissaire du gouvernement n’hésitait pas à dire : “Les juges rappelés étaient de véritables voyous.” Le tribunal se retire pour délibérer.

Il est 16h45. Le président Roynard rend le verdict. Fernand est condamné à mort. Dans le public, des individus crient : “Bravo ! Bravo ! Ces gens-là formeront le gros des troupes de la criminelle OAS qui précipitera la fin de l’Algérie française, quelques années après.  “Ne pleure pas !, ne pleure pas ! Ils seraient trop heureux de te voir pleurer”, se répète Hélène. Elle serre le bras de sa belle-mère pour qu’elle aussi ne pleure pas. Tout d’un coup, elle ne peut plus marcher. Elle s’accroche au bras de Pascal. “Je ne peux plus avancer, lui dit-elle, tirez-moi !” Son beau-père d’un côté, sa belle-mère de l’autre, elle sort du tribunal. “On pleurera à la maison, mais pas ici”, répète-t-elle. Dans la rue, ils attendent, espérant voir Fernand. Le fourgon cellulaire démarre.

Au passage, ils lui font signe. Quand ils arrivent, rue des Lilas, chez ses beaux-parents, Hélène s’effondre à terre, dans la cour de la maison. Maintenant, elle peut pleurer. C’est au matin du 11 février 1957 que Fernand est conduit au supplice avec deux compagnons Mohamed Lakhnèche et Mohamed Ouenouri. Au greffe de la prison Barberousse, il déclare “La vie d’un homme, la mienne compte peu. Ce qui compte c’est l’Algérie, son avenir. Et l’Algérie sera libre demain. Je suis persuadé que l’amitié entre Algériens et Français se ressoudera.” Dans la cour de la prison, la guillotine est dressée. Ses deux compagnons le rejoignent. Les trois condamnés à mort s’embrassent. “Iveton, mon frère”, dit l’un d’eux à Fernand. Face à la guillotine, il crie une dernière fois, d’une voix forte : “L’Algérie libre vivra ! Tahia el-Djazaïr.” Il est 5h10 quand la vie de l’ancien gamin du Clos Salembier est tranchée.

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