EXPOSITIONS

GUERRE D’ALGÉRIE 1954-1962

Narbonne. Créée et présentée par le Centre culturel de la mémoire combattante de l’Aude, cette exposition retranscrit en photographies légendées, l’origine du conflit, les différentes phases de la guerre, les changements d’objectifs et ses conséquences drastiques. Des objets rares, des vêtements et accessoires sont également exposés.

 

RENCONTRES

Rencontre

L’auteur Rachid Mokhtari animera une rencontre-débat autour de son ouvrage La guerre d’Algérie dans le roman français (éditions Chihab), ce samedi à partir de 14h au Bastion 23.

L’auteur Rachid Khettab animera une rencontre-débat autour de son ouvrage Les amis des frères (éditions Dar Khettab), jeudi 21 février à partir de 18h au CCA de Paris.

Projections

L’Institut français d’Alger (IFA) abritera, samedi 16 février à partir de 18h, la projection du documentaire Fernand Pouillon. Une architecture habitée Alger 1953-1957 de Marie-Claire Rubinstein. La projection sera suivie d’un débat avec la réalisatrice. Réservation sur le site de l’IFA.

Mémoire de Charonne Édouard-Lemarchand

Samedi matin, sous un soleil presque printanier, les fidèles de l’association amboisienne, Mémoire de Charonne Édouard-Lemarchand, étaient présents aux côtés des élus, pour commémorer le 57e anniversaire de la manifestation contre l’OAS et la guerre d’Algérie, devant la plaque commémorative, située aux Fosses-Bouteilles. Le président, Edgar Bunales, a retracé cet épisode tragique de notre Histoire, ainsi que la vie d’Édouard Lemarchand, ses combats politiques, son implication dans la vie locale, sa passion pour le sport… Il a été tué le 8 février 1962, lors d’une manifestation contre la guerre d’Algérie, au métro Charonne. Il est l’une des neuf victimes de la charge, menée ce jour-là par les forces de l’ordre. Après une minute de silence, deux gerbes ont été déposées, l’une de l’association, l’autre au nom de la municipalité.

Il est difficile aujourd’hui d’oublier un événement aussi grave que des historiens ont qualifié de « massacre d’État ». Pour pouvoir tourner la page, encore faudrait-il l’avoir écrite en totalité, sans mensonge et sans omission. Encore faudrait-il que les auteurs du massacre aient été identifiés et jugés, ce qui n’a pas été le cas. Ainsi témoigne Michèle Crenier, veuve Gros, à propos de ce qui s’est passé au métro Charonne, le 8 février 1962. À l’époque, cette Amboisienne était à la manifestation, au cours de laquelle huit personnes ont trouvé la mort. Ce témoignage a été transmis à Brice Ravier, adjoint aux sports, à l’occasion de la commémoration de la mort d’Édouard Lemarchand, sportif amboisien qui a fait partie de ces victimes.Divergences entre le maire et le président de l’association Chaque année, une cérémonie du souvenir a lieu devant la plaque apposée dans le hall du gymnase Claude-Menard. Les dojos portent le nom de cet amboisien, qui fut responsable sportif, amateur de lutte et entraîneur de boxe. Mais cette année, la commémoration s’est faite en deux temps. Samedi, c’est le maire, Christian Guyon et quelques élus, qui sont venus déposer un bouquet et rappeler le parcours d’Édouard Lemarchand.

Dimanche, en fin de matinée, ce sont 14 militants qui se sont retrouvés au même endroit, à l’appel de l’association amboisienne Édouard Lemarchand, mémoire de Charonne, pour déposer leur bouquet et écouter un autre témoignage, celui de Daniel Hurevitch, qui a, lui aussi, vécu les événements du métro Charonne. À l’époque, il était à Paris (il est à Amboise depuis la retraite) comme responsable de l’Unef (syndicat étudiant). Il a rappelé les faits, les différents cortèges, les violences policières, et, quelques jours après, la foule immense pour les obsèques des victimes.

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A Bordeaux, il n’y aura finalement pas de rue Frantz Fanon

Avant de faire ses adieux aux Bordelais, le maire Alain Juppé a décidé de geler la décision de baptiser une allée du nom de Frantz Fanon, chantre de la décolonisation, dans un quartier nord de la ville.

Par Claire Mayer Publié le 15 février 2019 à 14h42 – Mis à jour le 15 février 2019 à 14h51

C’était le 17 décembre 2018. Le conseil municipal de Bordeaux votait la dénomination de deux voies de Ginko, premier écoquartier situé au nord de la métropole. La première du nom de Rosa Parks, célèbre militante américaine contre la ségrégation, la seconde dédiée à Frantz Fanon, psychiatre et essayiste français anticolonialiste.Si une allée du quartier portera bien le nom de Rosa Parks, celle de Frantz Fanon n’est plus d’actualité. Il y a quelques jours, le maire de Bordeaux, Alain Juppé, qui a fait ses adieux à la ville depuis (pour rejoindre le Conseil constitutionnel), a décidé de geler cette décision, pour calmer la polémique qui enfle depuis plusieurs semaines autour de celle-ci.

Des internautes, des sympathisants du Rassemblement national (ex-FN), des anciens pieds-noirs d’Algérie ont dénoncé un hommage déplacé. En cause, les liens qui unissaient Frantz Fanon et le Front de libération nationale (FLN), parti politique algérien créé en 1954 pour obtenir de la France l’indépendance de l’Algérie. Il aurait également justifié la violence engagée contre les colons, autant d’éléments que dénoncent ses réfractaires.

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Vient de paraître

Rue des pâquerettes

De Mehdi Charef

Hors D’Atteinte Littératures

— Venez voir ! hurle mon père, à peine rentré du travail. Nous l’entourons. Il a les yeux rouges, ses mains jointes tremblent. Ma mère arrive en s’essuyant sur un torchon. Il pose sur la toile cirée un morceau de papier journal enroulé. Comme fou, il n’a même pas pris la peine de se laver les mains. — J’ai trouvé, j’ai trouvé ! Il défroisse délicatement le morceau de papier dont l’encre a bavé, en tremblant. — Regardez ! Il ouvre ses mains… Une pépite ! Elle étincelle dans le reflet de nos prunelles d’enfants, clignote dans les yeux de ma mère. Il est beau, ce rêve. C’est mon plus beau.

Auteur notamment du Thé au harem d’Archi Ahmed (1983), Mehdi Charef, qui a publié trois autres romans et réalisé onze films, retrouve l’écriture après treize ans d’interruption. Rue des Pâquerettes revient sur son arrivée en France en 1962, à 10 ans, dans le bidonville de Nanterre : il y raconte sa difficulté à comprendre son père, qui les a arrachés, lui, sa mère et sa sœur, à leurs montagnes pour les faire venir en France ; l’humiliation, la boue et le froid du bidonville ; mais aussi l’enthousiasme de son instituteur, l’amitié des camarades, la douceur d’Halima ; et sa grand-mère, persuadée que la vie d’un enfant qui pose autant de questions ne pourra être que trop pleine. Né en Algérie en 1952, romancier, scénariste et cinéaste, Mehdi Charef est arrivé en France en 1962. Il a connu les bidonvilles, les cités de transit et l’usine avant de publier quatre romans, tous au Mercure de France, et de réaliser onze films, dont Le Thé au harem d’Archimède (1984) et Graziella (2005).

Calvados : À la recherche d’anciens combattants de la guerre d’Algérie

Actuellement en master d’histoire et patrimoine, à l‘université de Caen, Valentin Quiédeville travaille à la réalisation d’un mémoire sur « sur les anciens combattants de la guerre d’Algérie », qu’il doit rendre en juin. Pour mener à bien cette mission, il souhaite rencontrer des anciens combattants et partager leurs expériences avec eux. Idéalement, il lui faudrait pouvoir communiquer avec une trentaine d’anciens combattants.

Membre sympathisant de l’Union Nationale des Combattants, section de Bayeux, le devoir de mémoire est une préoccupation majeure pour ce jeune étudiant.

Mon objectif n’est pas d’aborder les sujets conflictuels de la guerre d’Algérie, mais parler de la mémoire, des souvenirs que les anciens combattants ont de cette période », précise Valentin Quiédeville. Il l’assure, il n’est pas là « pour faire des polémiques (…) Durant ces entretiens, il sera question de la mémoire de la guerre d’Algérie, de la vision de ces anciens combattants sur la guerre d’Algérie de nos jours, des mesures à mettre en place pour favoriser le devoir de mémoire autour de cette période, en soi, tout ce qui touche à la mémoire du monde combattant, et au parcours de ces hommes en Algérie. »

L’étudiant conçoit que certaines personnes puissent avoir du mal à se confier sur cette période sombre, et souvent sujette à des propos négatifs. « Un sujet complexe, mais intéressant », explique Valentine Quiédeville.

Aujourd’hui encore, « certains ne sont toujours pas confiés à leurs familles ». Des familles qui restent dans le flou concernant les actions de leurs aînés. Il faut rappeler, par ailleurs, que durant cette période, l’Algérie était une région française, et que la population était donc plus impactée que lors de conflits plus éloignés comme la Corée, l’Indochine ou encore la Guerre du Golfe.

« Je souhaite faire une synthèse des différentes politiques mémorielles, et voir comment on peut les améliorer ». Un sujet qui s’annonce complexe, mais dont Valentin Quiédeville semble être totalement investi.

Si le travail universitaire de Valentin Quiédeville n’est pas destiné à être publié, il sera, tout de même, consultable par d’autres étudiants à la bibliothèque universitaire. Toutefois, Valentin espère que les conclusions de son travail pourront améliorer le devoir de mémoire, nécessaire au monde combattant. « Ici, à l’UNC, on en tirera des conclusions », assure le jeune homme.

À terme, Valentin Quiédeville espère devenir attaché à la conservation du patrimoine et travailler dans de grands musées.

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Parution de « La Nuit de Zelemta »

René-Victor Pilhes

« La Nuit de Zelemta »

A la fin de l’été 1953, Jean-Michel Leutier quitte l’Algérie pour continuer ses études dans un lycée toulousain. Lors d’un week-end à Albi, il fait une rencontre qui va changer sa vie : Abane Ramdane, le plus célèbre prisonnier politique de France, l’un des fondateurs du FLN.

Quatre ans plus tard, devenu officier français patrouillant dans la région de Zelemta, il le retrouve sur sa route, fuyant vers le Maroc.

Ce face-à-face passionnant entre un mythe de la Révolution algérienne et un jeune pied-noir aussi brillant que naïf contient en soi toute la complexité des rapports entre Algériens et Français, les enjeux de la guerre nationale comme les paradoxes de l’Histoire coloniale. René-Victor Pilhes, prix Médicis pour La Rhubarbe, prix Femina pour L’Imprécateur, a toujours exploré, dans une œuvre au style alerte tour à tour féroce, baroque et lyrique, les heures sombres de l’Histoire, en dénonçant les clichés et en éclairant les points aveugles.

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Théâtre : « Les Oubliés (Alger-Paris)

Dans une démarche d’écriture de plateau, Julie Bertin et Jade Herbulot réunissent trois générations d’acteurs de la Troupe plus ou moins proches de cette histoire récente : la guerre d’Algérie. Partant du « point de vue » des trentenaires dont elles font partie, elles s’interrogent sur la façon dont l’histoire se fait.

Après s’être intéressées à l’histoire de l’Europe de 1945 à nos jours, avec notamment la tétralogie Europe, mon amour, cette création fait partie d’un nouveau cycle autour de la Ve République, née avec l’effondrement de la politique coloniale française. 1958 : René Coty en appelle à l’homme providentiel – le général de Gaulle – pour trouver une issue à ce que l’on nomme alors les « événements d’Algérie ». De Gaulle accepte à la condition qu’une nouvelle constitution soit adoptée. L’Indépendance sera reconnue en 1962.
Tel est le cadre contextuel de cette création. L’enjeu artistique rejoint la nécessité de comprendre en quoi et comment non-dits et tabous perdurent sur cette période qu’on a mis si longtemps à nommer guerre : « ces creux et ces silences, de l’État et des familles, qui un temps ont eu la vertu de permettre de se tourner vers l’avenir, présentent aujourd’hui leurs limites », relèvent-elles.
Dans une démarche d’écriture de plateau, elles réunissent trois générations d’acteurs de la Troupe plus ou moins proches de cette histoire récente. Partant du « point de vue » des trentenaires dont elles font partie, elles s’interrogent sur la façon dont l’histoire se fait, opérant un focus sur une «politique de l’oubli» et une société en mal de mémoire collective. C’est dans un métissage de registres de jeu et par un croisement de types de prises de parole que le spectacle, ancré dans le présent et en métropole, s’ouvre à la « grande histoire ». À travers des séquences de flash-back, elles convoquent discours et conversations d’antichambres du palais présidentiel et livrent, loin du pamphlet, un théâtre de brûlures, chargé de symboles et empreint de faits réels.

CRÉATION MONDIALE
Avec le soutien de la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon – Centre national des écritures du spectacle

Mise en scène dans un dispositif bifrontal

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Journées d’études sur les mémoires de la guerre d’Algérie

Le Département d’Histoire et Théorie des Arts de l’ENS Ulm organise des journées d’études sur les mémoires de la Guerre d’Algérie qui se dérouleront à l‘École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm 75005 Paris les 21, 22 et 23 février 2019.

Ces journées seront inaugurées le jeudi 21 février, à 20h, par un spectacle de la Cie Nova, au Théâtre de l’ENS : J’ai la douceur du peuple effrayante au fond du crâne.

Un événement qui mêle conférences, paroles d’écrivains, œuvres et interventions d’artistes plasticiens, réalisateurs de cinéma, acteurs et metteurs en scène, autour de ce conflit dont il a été longtemps difficile de parler, et dont la résurgence est aujourd’hui manifeste dans la recherche et dans les arts.

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Disparition. Josette Audin, une vie à rendre justice

Lundi, 4 Février, 2019

Elle avait consacré son existence à ce que la vérité soit faite sur l’assassinat de son mari et la pratique de la torture pendant la guerre d’Algérie. Josette Audin est décédée samedi matin à l’âge de 87 ans.
Une grande dame s’est éteinte. Josette Audin est décédée samedi à l’âge de 87 ans, emportant avec elle l’histoire intime de la grande Histoire, celle qu’elle aura contribué à écrire par sa persévérance et son courage. Nous n’oublierons pas son merveilleux sourire, le 13 septembre dernier, lorsque le président de la République est venu chez elle lui demander pardon, « au nom de la République ». Josette aura vécu ce moment avant de s’en aller. Cette reconnaissance officielle de l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française, elle y a travaillé plus de soixante ans, affrontant les lâchetés politiques et les mensonges de la Grande Muette. Par amour. Mais aussi pour tous les Algériens victimes de la torture. Car si sa vie a été indissociablement liée au nom de son mari, Josette Audin était une militante communiste, anticolonialiste, dont l’engagement ne s’est jamais affadi. Ces derniers mois, en dépit de la maladie, elle trouvait la force d’être là où son combat devait la mener. Le 12 décembre, elle était au premier rang de l’amphithéâtre de l’Institut Poincaré, pour la cérémonie de remise du prix de mathématiques Maurice-Audin. Le 14 septembre, elle avait tenu à venir à la Fête de l’Humanité, pour partager avec les siens la formidable victoire politique de la reconnaissance, la veille, du crime d’État par Emmanuel Macron. Le public de la Fête le lui avait bien rendu, par un de ces instants magiques où l’émotion n’a plus besoin de mots. À l’Agora, sa frêle silhouette avait soulevé l’admiration et le respect d’un public qui a partagé son engagement pendant toutes ces années. Celui qui a permis que le nom de Maurice Audin ne tombe pas dans l’oubli.

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Josette Audin à la Fête de l’Humanité en septembre 2019. Photo Clément Savel.