Béziers : le camp de Rivesaltes et les Algériens racontés à la Colonie espagnole

L’ancienne monitrice au Service de la Formation des Jeunes d’Algérie, Colette Garcia-Arnardi, apportera son témoignage, ce mercredi 6 mars, à 18 h 30, à la Colonie espagnole, sur son travail dans le camp de Rivesalte en 1962 et 1963.

Ce mercredi 6 mars, à 18 h 30, à la Colonie espagnole (1, rue de la Vieille -Citadelle à Béziers), Colette Garcia-Arnardi, apportera son témoignage  de monitrice, jusqu’en juin 1962, au Service de Formation  des Jeunes en Algérie, commandé par l’armée française, puis  celui  de novembre 1962 à juin 1963, au camp Joffre de Rivesaltes, centre de promotion sociale, en qualité de monitrice au Centre de préformation professionnelle féminine.

Un peu d’histoire

Pour rappel, le Service de formation des jeunes en Algérie (SFJA), est créé entre la crise du 13 mai 1958 et l’annonce, par De Gaulle à Constantine, du lancement d’un plan de développement économique et social en Algérie. Cet organisme hybride, à la fois civil parce qu’il dépend du gouvernement général et militaire parce qu’encadré par l’armée, fait de la formation des garçons et des filles une priorité, face à un déficit de la scolarisation des enfants musulmans. En 1954, plus de 80% d’entre eux ne sont pas scolarisés.

Les “indésirables étrangers”

Par ailleurs, il faut savoir que le camp de Rivesalte, qui a accueilli, dans un premier temps, les “indésirables étrangers”, dont les Espagnols qui fuyaient le franquisme (à partir de 1939 ) a aussi servi de camps de concentration pour les tziganes et les juifs, puis, a accueilli des prisonniers de guerre allemands, et enfin, à partir de 1962, d’abord des prisonniers du  du Front de Libération Nationale (FLN), suite à la guerre d’Algérie, puis les Harkis et leur famille.

ANTONIA JIMENEZ

Rencontre en trois temps, mercredi 13 mars, à 18 h 30, à la médiathèque Pierre-Moinot à Niort, grâce à l’association Niort en Bulles, avec l’historien de la bande dessinée Luc Revillon et l’auteure et scénariste de BD Claire Dallanges. Dans un premier temps, Luc Revillon évoquera ses récents travaux « Algérie 54-62, la guerre fantôme de la bande dessinée ».
Ensuite, tous deux échangeront sur la thématique de la bande dessinée historique entre fiction et histoire. Enfin, Claire Dallanges présentera son travail et l’album « Salam Toubib, chronique d’un médecin appelé en Algérie 1959-1961 » sous l’angle des différentes mémoires de la guerre d’Algérie, ce à travers des scènes et des dessins projetés.

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Le bombardement de Sakiet, début de la fin de la IV° République

Pour parler de « mémoire commune » entre la France et l’Algérie, il faut revenir sur le récit d’un certain nombre d’événements historiques, comme le bombardement de Sakiet le 8 février 1958. Une chronique de Sadek Sellam

Tout militant du FLN ou djoundi de l’ALN sait que le 8 février 1958 est la date du bombardement par l’aviation français de la petite ville tunisienne frontalière, Sakiet-Sidi Youssef. Dans le documentaire sur la guerre d’Algérie réalisé par Benjamin Stora, le bilan de ce raid est estimé à 72 morts, presque tous des paysans venus vendre les produits de leur fermette ce jour de marché.

Mais dans son excellente série, le britannique Peter Batty parle de 100 morts. Cette date peut être considéré comme un grand tournant qui précipita la mort de la IV° République après avoir remis en cause du soutien américain à l’effort de guerre français consenti au nom de la solidarité des pays de l’OTAN contre le communisme.

Le lâchage américain

Longtemps le State Department prenait pour argent comptant les accusations de la propagande française présentant le FLN comme crypto communiste.

L’action diplomatique concertée du gouvernement tunisien et du FLN amena les Américains à suspecter les Français de leur mentir. C’est ainsi que le State Department a été amené à autoriser un dialogue régulier entre des diplomates américains en poste à Tunis et un représentant du FLN. Le CCE (Comité de Coordination et d’Exécution) du FLN avait désigné pour le représenter Ahmed Boumendjel, un lecteur de Charles Maurras peu suspect de sympathie communiste.

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“Mémoires de la guerre d’Algérie” à l’ENS de Paris Les traumatismes de la violence coloniale en débat

L’école normale supérieure de Paris a organisé, du 21 au 23 février, un évènement consacré aux Mémoires de la guerre d’Algérie, qui a été ponctué de diverses activités, notamment des conférences, projections et expositions.

Le département histoire et théorie des arts de l’École normale supérieure de Paris (5e arrondissement) a organisé, du 21 au 23 février, un évènement consacré aux Mémoires de la guerre d’Algérie. L’évènement a été ponctué de diverses activités entre conférences, interventions d’artistes, réalisateurs, acteurs et metteurs en scène, autour de ce conflit, dont “la résurgence est aujourd’hui manifeste dans la recherche et dans les arts”. Le public ne doit pas s’attendre à une “rétrospective historienne” sur la guerre de libération, mais à “une entrée en matière s’adressant à ceux qui veulent un dialogue avec ces artistes algériens, français, franco-algériens, descendants de combattants des deux bords ou simplement de ces peuples, ces gens, qui ont vécu et subi la guerre”. Programme varié, avec par exemple cette pièce de théâtre J’ai la douceur du peuple effrayante au fond du crâne, basée sur des textes de Kateb Yacine, Édouard Glissant, Jérôme Lindon et Assia Djebar. Le public d’universitaires a assisté à la projection du film L’autre côté de la mer, de Dominique Cabrera, avec Claude Brasseur, Roschdy Zem… Histoire d’un industriel pied-noir resté en Algérie après l’indépendance et qui revient en France pour une intervention chirurgicale. Il se lie d’amitié avec son médecin, un Beur qui a coupé les liens avec son pays d’origine. Des espaces de l’ENS ont reçu des expositions de peintures, dessins et photographies qui montrent des images de la guerre d’Algérie dont le dénominateur commun est la violence physique et morale. La conférence de Raphaëlle Branche, de l’université de Rouen (Normandie), intitulée “La mémoire qui brûle : la violence pendant la guerre d’Algérie, les silences et les traumatismes”, a retenu l’attention du public. Professeure d’histoire, spécialiste des violences en situation coloniale, elle a publié en 2001 La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie (Gallimard). Elle a axé sa conférence sur son livre intitulé L’embuscade de Palestro-Algérie 1956, édité chez Gallimard en 2010 et qui a été porté à l’écran en documentaire coproduit par Arte et réalisé par Rémi Lainé sous le titre Palestro, histoire d’une embuscade. L’oratrice affirme qu’elle possède une vision ouverte sur l’Histoire et que son souci reste l’obligation de vérité. C’est dans cet esprit qu’elle aborde le récit de cette fameuse embuscade de Palestro où une section de soldats français avait été anéantie par les combattants du Commando Ali Khodja en 1956. Avec Rémi Lainé, elle va recueillir des témoignages sur cette embuscade qui avait traumatisé l’armée française à l’époque. Elle s’appuie sur trois parties : des anciens de l’ALN, des civils témoins de l’évènement et d’anciens soldats français.

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Algérie, une guerre française : Derniers beaux jours

La guerre d’Algérie reste dans les mémoires de ceux qui l’ont connue comme un traumatisme.

L’histoire débute à Alger en octobre 1954. Une poignée d’hommes met au point les derniers préparatifs d’une opération militaire qui durera huit ans. Ils sont six. Six hommes pour gagner l’indépendance de leur pays. L’histoire les appellera les « Fils de la Toussaint ».

Les « événements d’Algérie », comme on les appelait pudiquement à l’époque, vont bouleverser le cours de l’existence d’un groupe d’écoliers aux origines diverses grandis dans l’Algérie plurielle. Ils sont fils de résistants, Pieds-noirs ou musulmans, tous unis par les liens très forts de l’enfance.

Philippe Richelle poursuit son exploration des méandres obscurs de l’histoire de France, après la collection « les mystères de La République », à travers une nouvelle série de bandes dessinées illustrées par Alfio Buscaglia. Il a choisi de nous raconter les chroniques d’une guerre, le récit d’une déchirure.

Algérie, une guerre française est un récit passionnant, grand public, nourri aux meilleures sources documentaires, qui permet de mieux comprendre ces années noires de notre passé récent dont on s’évertue à dissimuler les cicatrices pourtant indélébiles.

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Un livre qui nous rappelle le temps où l’on tuait les terroristes

En refermant le livre de Georges Salinas, Le Chat d’Oran, qui nous entraîne dans la lutte contre le terrorisme au début des années 1960, je me suis interrogé : peut-on comparer le terrorisme lié au conflit algérien à la période actuelle ? La réponse est évidemment négative, mais cette expérience désastreuse, qui a mené la France au bord de la guerre civile, devrait au moins nous inciter à ne pas commettre les mêmes erreurs.

Georges Salinas, Librairie Fontaine Haussmann, le 21 février 2019

Antoine Delarocha, le héros, est flic au CRA d’Oran (Centre de renseignement et d’action). Et il tente de faire son boulot de flic, dans des conditions qu’aucun policier aujourd’hui n’oserait envisager. Au début du roman, Delarocha planque sur un ancien militaire qui a rallié le FLN. « Désormais fellagha en cavale, Ahmed Benjelloul était un ancien béret rouge : il avait servi pendant dix ans dans l’armée française, chez les parachutistes », dit-il, alors qu’il s’apprête à lui mettre la main au collet. Mais, évidemment, rien ne se passe comme prévu. Ce face à face de deux hommes, l’indépendantiste et le pied-noir, chacun enfermé dans ses certitudes, c’est le fil de l’histoire.

Salinas n’a pas connu cette époque, il était à peine né, il se fie donc aux souvenirs de son père (Le Chat d’Oran, c’est un peu lui) pour recréer l’ambiance de police de ces années noires. Il nous fait vivre les enquêtes et les filatures à l’ancienne : peu de personnels, peu de moyens et surtout pas de smartphone pour demander des instructions. Tout au mieux des radios portables de la taille d’une bouteille d’eau 2XL. Une fois sur le terrain, c’est l’initiative personnelle qui joue, et aussi l’expérience, et parfois le talent. Mais l’expérience, c’est aussi d’avoir au fond d’une poche le jeton de téléphone qui permettra d’établir une liaison avec son service. L’ancien monde, quoi !

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Guerre d’Algérie. Une conférence, ce vendredi soir

Ce vendredi 1er mars est organisée une conférence-débat sur la guerre d’Algérie. « Originale par son contenu et par sa forme, cette conférence est une opportunité bien au-delà de la seule commune de Lanvallay », explique Bruno Ricard, le maire, organisateur de cette soirée, à l’initiative de François-Xavier Ricard, son père, ancien appelé parti en Algérie. Intitulée « La guerre d’Algérie 1954-1962, histoire et mémoires croisées », la soirée réunira un historien, Tramor Quémeneur, un ancien appelé de l’armée française, Pierre Carlo, un pied noir, Erwan Evenou, et un fils de moudjahid, Abdelati Laoufi.

Le public consulté

« Nous souhaitions aussi trouver un harki pour compléter la table ronde, mais cela n’a pas abouti ; la présence de l’historien Tramor Quémeneur permettra aussi d’aborder cet angle de vue ». Un déroulement interactif avec le public est prévu. Il sera ainsi proposé à chaque personne le souhaitant de dire pourquoi elle est venue et quel thème elle souhaite voir aborder. C’est sur cette base de propositions du public qu’historien et témoins articuleront leurs interventions.

« Des enseignants des lycées dinannais ont pu être informés de cette initiative en vue, nous l’espérons, d’en faire part à leurs élèves. Bien sûr, les associations d’anciens combattants de Lanvallay et la Fnaca Dinan sont sensibilisées. C’est une occasion d’alimenter la réflexion sur le vivre ensemble, les conflits et les moyens de les éviter », note le maire.

Pratique
Vendredi 1er mars, salle des fêtes de Tressaint, 20 h. Entrée libre.

Laval. Ciné débat autour du film « Ils ne savaient pas que c’était une guerre »

Les Amis du Monde diplomatique organisent une soirée débat autour de la projection du film « Ils ne savaient pas que c’était une guerre, Algérie 50 ans après ». Le documentaire réalisé par Jean-Paul Julliand donne la parole à de jeunes appelés qui, entre 1954 et 1962, ont participé au conflit en Algérie

Ils ne savaient pas que c’était une guerre, Algérie, 50 ans après… est le titre du documentaire réalisé par Jean-Paul Julliand et diffusé au Cinéville mardi 5 mars pour une soirée débat organisé par Les Amis du Monde diplomatique.

Ce documentaire de 58 minutes donne la parole à quinze jeunes hommes, tous issus du même village, Bourg-Argental (Loire), partis en Algérie entre 1954 et 1962 participer à ce qu’on appelait alors « Les événements d’Algérie » et qui aboutira à l’indépendance du pays.

La plupart des jeunes soldats partis au titre du service militaire obligatoire, ne connaissaient rien de l’Algérie, ni des enjeux de ce combat. Le film témoigne de leur vécu, y compris après leur retour, « dans l’indifférence et l’anonymat ». Des témoignages entrecoupés d’images d’archives personnelles et de vidéos.

Mardi 5 mars , à 19 h, Cinéville, quai Gambetta à Laval. Entrée : 5 €.

La projection sera suivie d’un temps d’échanges.

Parution

J’ÉTAIS UN ENFANT D’ALGER

Roman autobiographique
Jean-Charles Llinares
LITTÉRATURE TÉMOIGNAGE, AUTOBIOGRAPHIE, RÉCIT MAGHREB, MOYEN ORIENT EUROPE Algérie France

À travers une remontée dans le temps, depuis les jeunes années à Hussein-Dey, banlieue d’Alger, autour de 1950 jusqu’au départ obligé du pays natal et la quête permanente d’identité, de dépassement de soi par soi, c’est d’une solide amitié dont il est question, entre un Arabe et un Français. Une amitié qui non seulement ne se dissoudra pas malgré les événements de la guerre d’Algérie et l’éloignement qui en résultera, mais ira grandissant. Témoignage d’une amitié exceptionnelle, cette double biographie romanesque porte également un regard critique sur une histoire vécue de l’intérieur par toute une communauté humaine, aussi bien les « pieds noirs » que les « indigènes ».

Jean-Charles LLINARÈS (1939, Hussein-Dey, Algérie – 2017, Anglet), agrégé de lettres modernes, docteur ès lettres, a toujours montré un vif intérêt pour la production et la réception des oeuvres
artistiques, en particulier le roman et plus encore la poésie. Ses proches se souviendront longtemps de son goût prononcé pour les mots d’esprit, les apophtegmes, les jeux de mots humoristiques. Ses précédentes publications en témoignent.