Journée Défense et Citoyenneté : la guerre d’Algérie au menu des jeunes

C’est un passage obligé réalisé l’an dernier par 2.514 jeunes, à l’occasion des 56 sessions programmées en Bigorre par le centre du service national de la jeunesse. Souvent «barbante», la journée Défense et Citoyenneté a pris, ce mardi, une teneur exceptionnelle à la faveur de l’exposition «Mémoires de la guerre d’Algérie» qui se tient au haras de Tarbes, jusqu’à demain soir (elle se conclura par une conférence, vendredi, à 18 heures).

Outre le programme traditionnel (tests de français qui ont permis de détecter 286 jeunes en difficulté l’an dernier, présentation des métiers de la défense, informations jeunesse et citoyenne…), les 50 jeunes Bigourdans se sont donc penchés sur une période de l’histoire encore mal ou méconnue : le conflit franco-algérien. Pour ce faire, en plus des nombreux documents qui peuplent l’exposition, ils ont bénéficié des témoignages d’anciens de la guerre d’Algérie mais aussi de spécialistes du sujet, à l’image de l’auteur de ce recueil paru aux éditions Le Solitaire «Et… il y avait l’Algérie». «On y retrouve le témoignage de sept personnes qui vivent aujourd’hui dans les Hautes-Pyrénées mais ont un rapport fort avec ce pays et ce conflit, explique-t-elle. J’essaie d’expliquer aux jeunes cette guerre de façon simple, sans tricher et sans polémiquer. Beaucoup n’en ont jamais entendu parler vraiment. Mais ils sont très attentifs et curieux.»

Ce conflit, qui débute officiellement à la Toussaint 1954, n’est abordé que très succinctement dans les livres d’histoire. Aussi, Franck Montagnol, le directeur de l’Onac-VG dans les Hautes-Pyrénées, prend le temps nécessaire pour recontextualiser cette guerre, ses origines, ses conséquences. En toute franchise. Mettant ainsi une histoire et du sens sur des termes comme harkis, pieds-noirs… «Aujourd’hui, on doit pouvoir parler de ce conflit de façon décomplexée et objectif, assure Franck Montagnol. Surtout avec ces jeunes. Ce sont leurs grands-parents. Mais c’est souvent un sujet que l’on ne sait pas aborder parce que ceux qui l’ont vécu n’en parlent pas. Toutes ces choses difficiles, ces horreurs, cette défaite militaire, aussi, font que ce n’est pas très glorieux. Là, on montre l’état d’esprit de ces jeunes qui ont été envoyés là-bas sans savoir vraiment où ils paraient. On parle d’une génération traumatisée, qui a beaucoup souffert, sans jamais le dire. C’est important d’en parler tant qu’il y a ces témoins.» Une contribution essentielle à une histoire commune, fédératrice d’un destin commun.

Andy Barréjot

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