La guerre d’Algérie expliquée aux collégiens

Dans le cadre d’un projet pédagogique sur « La mémoire des conflits du XXe siècle », Céline Lépinière et Quentin Guenand, professeurs d’histoire au collège Joseph-Crocheton d’Onzain, ont convié des adhérents de la Fnaca pour commenter une exposition sur la guerre d’Algérie.
Cette rencontre s’inscrit dans un programme lié aux dernières guerres. Des élèves de 3e sont allés à Blois le 19 mars avec un drapeau, ils ont aussi visité le musée de la Résistance et se rendront prochainement en Indre-et-Loire à Maillé, village pratiquement rayé de la carte le 25 août 1944 par les troupes allemandes.
Marcel Callu, Roger Marmion et Jacques Pruneau, anciens combattants, ont expliqué aux collégiens qu’à l’âge de 20 ans, ils sont allés en Algérie effectuer leur service militaire obligatoire de 18 mois, mais qui durera plus longtemps. « C’était la première fois que nous prenions le train pour un si long voyage qui nous conduirait à Marseille où nous avons pris un bateau en partance pour l’Algérie. »
Les octogénaires ont ensuite commenté les nombreux panneaux de l’exposition relatant les débuts de la colonisation, les causes du conflit, l’escalade de la violence, la bataille d’Alger, les négociations jusqu’aux accords d’Evian du 18 mars 1962.
Puis les collégiens ont interrogé les anciens combattants sur leurs missions de maintien de l’ordre et leurs conditions de vie lors de ce conflit.

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Bollène : liée à la guerre d’Algérie, un changement de plaque de rue crée la polémique

La rue qui porte le nom de « Rue du 19 mars 1962, fin de la guerre d’Algérie » à Bollène dans le Vaucluse va être rebaptisée en rue « Hélie de Saint Marc ». Un changement de nom décidé par le maire de la commune qui heurte habitants et membres de l’opposition.

es habitants de la « Rue du 19 mars 1962, fin de la guerre d’Algérie » à Bollène dans le Vaucluse vont devoir multiplier les démarches auprès de leurs expéditeurs de courriers à partir du 11 mai prochain.

A cette date, leur rue va être rebaptisée rue « Hélie de Saint Marc », en hommage à celui qui fut résistant, déporté mais aussi officier putschiste pendant la guerre d’Algérie et son régime de torture.

Ce changement de nom a été décidé par Madame le maire, Marie-Claude Bompard, apparentée au parti politique Ligue du Sud (extrême-droite) et voté en conseil municipal. Seul le Front de gauche s’y est opposé. Socialistes et divers gauche se sont abstenus.

Provocation ou révisionnisme?

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“C’est un monument aux morts de papier” : la mémoire préservée à Caen au Service Historique de la Défense

Dans son centre d’archives caennais, le Service Historique de la Défense conserve des milliers de documents d’archives relatifs aux victimes des conflits contemporains, notamment des deux guerres mondiales. Nous vous proposons une immersion dans ce précieux lieu de mémoire, où la vie se raconte.

(…)

Episode 4 : Jules, étudiant en histoire, et la mémoire des Harkis

Joseph, étudiant en Histoire de l’université de Caen, est un habitué de la salle de lecture. Dans le cadre de son travail de recherche sur le rôle des harkis auprès de l’armée française pendant la guerre d’Algérie, il doit consulter plus de 1800 dossiers nominatifs, un travail fastidieux et de très longue haleine.

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Le combat sans fin des harkis et de leurs descendants

Par Louise Couvelaire

Cinquante-sept ans après la fin de la guerre d’Algérie, leur sort reste une plaie à vif, qui mobilise de nombreuses associations.

De cette guerre, Abdellah Haddouche n’a rien vu, rien vécu. Il a 40 ans, il n’était pas né. De cette guerre, pourtant, il a tout gardé, dans ses tripes, dans son ADN, dans sa tête, dans sa voix, exaltée, emportée, dans ses gestes, rageurs, intenses, poing sur la table, main sur le cœur. Comme si c’était arrivé hier. Comme si c’était lui qui avait, un jour, pendant la guerre d’Algérie, il y a près de soixante ans, regardé son frère se faire égorger par des combattants du Front de libération nationale (FLN), comme si c’était lui qui, « par vengeance », avait pris les armes pour se battre aux côtés de l’armée française. Lui, enfin, que la République avait « trahi » puis « parqué » dans un « camp de transit » à son arrivée dans l’Hexagone.

Abdellah Haddouche est fils de harki. L’histoire de son père, il l’a faite sienne. Le combat pour la reconnaissance et l’indemnisation de ces « supplétifs de l’armée française », comme on les appelait alors, est devenu le sien. Et celui de sa génération, celle des enfants de harkis, que la France a, dit-il, elle aussi, « laissée tomber ».

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Avant-première du film “Âarfane” de Salim Hamdi

La projection de ce long métrage a eu lieu samedi dernier à la cinémathèque d’Alger, en présence du réalisateur, des comédiens et de l’équipe technique.

La cinémathèque d’Alger a abrité, samedi à 16h, l’avant-première du film Âarfane (la reconnaissance) de Salim Hamdi qui a été projeté en partenariat avec le CADC (Centre algérien du développement du cinéma). L’œuvre relate l’odyssée d’une bande de copains, Myassa, Ahmed et Adel, qui donnent de leur temps et coalisent leur énergie dans l’élan d’esquisser le sourire de la “reconnaissance” sur le visage d’une moudjahida qui a à cœur de narrer les hauts faits de celle qui disait : “Mieux vaut être vêtu de l’habit de dignité taillé dans un sac de jute que le soyeux habit de la traîtrise !” (Anya Louanchi, alias Fatima).
Alors, muni d’un camescope, ce trio improvise dans les métiers du cinéma et conçoit un plateau de tournage.
Mais au fil de la narration, notamment la scène de l’interrogatoire avec le lieutenant Jérôme (Luc Clémentin), le trio de potes a fini par croire à l’idée d’en faire une œuvre publique et s’en va sur le chemin de la production qui est pavé d’écueils, les uns plus hallucinants que les autres. Mais qu’importent les obstacles… ils y croient et c’est l’essentiel.

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Disparition de l’historienne française, Annie-Rey Goldzeiguer, spécialiste de l’Algérie et du Maghreb

L’historienne française, Annie-Rey Goldzeiguer, spécialiste de l’Algérie et du Maghreb, est décédée mardi dernier à l’âge de 94 ans, a-t-on appris hier auprès de ses proches. Les obsèques civiles ont eu lieu hier au cimetière Ramerupt (Massiac, Auvergne), a-t-on ajouté. Née à Tunis en 1925, Annie Rey-Goldzeiguer s’installe avec sa mère en 1943 à Alger où elle obtient son bac et s’inscrit à l’université. «J’ai vécu alors à Alger dans le milieu, fortement politisé, des étudiants de l’université. J’y ai participé à la manifestation du 1er mai 1945 : j’ai été traumatisée par la manifestation nationaliste (organisée par le PPA) et sa répression brutale. Mais le véritable choc fut le 8 mai 1945, quand j’ai vu et compris la riposte violente de l’aviation française sur la Petite Kabylie. J’ai alors vécu intensément la ruine de mes illusions», avait-elle raconté dans son ouvrage Aux origines de la guerre d’Algérie, 1940-1945 (la Découverte, 2002), reconnu important par tous les spécialistes de la période. Après les massacres d’Algériens du 8 mai 1945, elle avait pris une décision : «Je me suis juré de quitter l’Algérie et de n’y revenir qu’après l’indépendance. J’ai tenu parole», avait-elle dit à Gilles Perrault en 1983. Elle revient à Alger en 1962 pour des recherches pour élaborer sa thèse sur le Royaume arabe et publier des ouvrages sur l’histoire coloniale de l’Algérie. Sous la direction de l’autre historien Charles-André Jullien, elle soutient sa thèse à la Sorbonne, le 14 mars 1974, sous le titre Royaume arabe et désagrégation des sociétés traditionnelles en Algérie, édité à Alger. Elle est aussi l’auteure en 2002 de l’ouvrage De Mers-el-Kébir aux massacres du nord-Constantinois. Sur le plan politique, Annie Rey-Goldzeiguer, militante communiste, a été très critique, à travers la publication oppositionnelle L’Etincelle, sur le vote des pouvoirs spéciaux en Algérie par les députés communistes en mars 1956. Elle se joint au groupe de La Voie communiste et participe à l’aide au Front de libération nationale (FLN). En 2011, elle est signataire du manifeste intitulé «Non à un hommage national au général Bigeard» et en 2014, elle participe à l’«Appel des 171 pour la vérité sur le crime d’Etat que fut la mort de Maurice Audin».
Réagissant à son décès, l’historien Alain Ruscio a indiqué qu’Annie et son mari Roger «ouvraient bien souvent leur porte à tous ceux qui partageaient leur amour pour l’Algérie».

SOURCES :

Lot-et-Garonne : le monument à la mémoire des harkis sera remis en état

La stèle rendant hommage aux Harkis morts au combat durant la guerre d’Algérie, au camp de Bias, a été brisé en septembre.

L’affaire avait grand bruit dans le secteur. Au mois de septembre dernier, à la cité Astor (ex-camp des harkis), le groupe Mouvement révolution harkis dégradait la stèle du monument dédié à la mémoire des supplétifs de l’armée Française.

Lors du conseil municipal du 18 septembre dernier, le maire Michel Mingo, visiblement très agacé, avait décidé de ne pas remettre ce monument en état. Depuis, le premier magistrat de Bias a, semble-t-il, revu sa position.

>>>Lire aussi : Les harkis du camp de Bias, « petite Algérie au cœur du Lot-et-Garonne », n’oublient pas

Dans le budget primitif 2019, figure, en effet, une dépense de 3 000 euros à la section d’investissement qui serviront à réhabiliter ce monument.

Un geste d’apaisement qui fait suite à la visite d’un haut fonctionnaire de l’État à la cité Astor ces derniers mois. Y-a t-il une relation de cause à effet ?

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Brest. L’Institut CGT d’histoire sociale dévoile ses archives

La trace des petites et grandes luttes syndicales a été conservée au quotidien dans les bureaux et Unions départementales CGT de l’Ouest. Une histoire en cours d’archivage qui s’ouvre au grand public.

Trois questions à…

Jacques Colin, président de l’Institut CGT d’histoire sociale de Bretagne.

Pouvez-vous nous présenter l’Institut ?

C’est une association mise en place en 1992 par les quatre Unions départementales CGT de Bretagne et le comité régional. Il s’occupe de l’histoire sociale et syndicale avec une priorité donnée aux archives de la CGT, pour qu’elles soient triées, classées, numérisées et conservées à disposition de nos camarades, mais aussi des chercheurs et universitaires. Elle compte 243 adhérents dont 41 participaient à l’assemblée générale à Brest ce jeudi 18 avril 2019.

Où en est-on du travail d’archivage ?

C’est encore en cours. Nous avons un fonds très important à la fois dans les locaux CGT, mais aussi dans de nombreuses archives municipales ou départementales où elles ont déjà été transférées. L’histoire sociale de la CGT recoupe l’histoire sociale des luttes syndicales dans leur ensemble. Tout est lié depuis la création du syndicat CGT en 1895 et surtout la création des Unions départementales qui datent de 1910.

Quels sont les projets de l’Institut ?

Le travail d’archivage n’est pas terminé, mais nous avons déjà commencé à publier. Nous avons lancé des brochures thématiques à partir des documents d’archives. Cela s’adresse à nos adhérents, mais aussi bien au-delà. Nous travaillons beaucoup actuellement sur la période de la Guerre d’Algérie et des luttes et manifestations très importantes de 1958 avec plusieurs conférences prévues ainsi qu’un livre.

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« Les communistes et l’Algérie »: les méandres du Parti communiste et de l’Algérie par Alain Ruscio

Les éditions La Découverte ont publié un ouvrage de l’historien Alain Ruscio qui s’intitule Les communistes et l’Algérie, Des origines à la guerre d’Indépendance 1920-1962. L’historien et enseignant Sylvain Boulouque revient pour France-Soir sur cet ouvrage, une somme qui plonge son lecteur dans les méandres de la relation qu’entretenait le PCF avec l’Algérie.

Alain Ruscio est un des meilleurs spécialistes de la colonisation, des guerres coloniales et du communisme. Il y a presque quarante ans, il a publié un ouvrage qui demeure une référence sur les communistes et la guerre d’Indochine, fruit de sa thèse d’Etat (Paris, L’Harmattan, 1985) prolongé depuis par de multiples livres sur la colonisation. Pour boucler ce cycle, il publie aujourd’hui aus éditions La Découverte, Les communistes et l’Algérie, Des origines à la guerre d’Indépendance 1920-1962.

Cette enquête au long cours revient sur le rapport complexe du PCF, qui a été il convient de le rappeler, le plus grand parti politique en nombre de militants et en influence de France des années 1940 aux années 1970. Le livre commence par une préhistoire d’un PCF alors naissant, qui dénonce le colonialisme dans les années 1920 et 1930 avec une grande virulence. La section coloniale du PCF (représentant à peine quelques dizaines de personnes en rupture avec la politique coloniale de la France) condamne l’impérialisme et appelle au soulèvement et à la sécession immédiate de l’Algérie. L’histoire du PCF est faite de ligne droite et de virage en épingle à cheveux annonçant un demi-tour ou tout du moins une embardée. L’anticolonialisme passe au second plan pour des raisons stratégiques, lors du Front populaire, le PCF change et appelle à la « formation d’une nation algérienne » en expliquant les liens avec la métropole doivent rester forts. Le parti se méfie des nationalistes algériens qu’il perçoit comme des concurrents, à l’image de Messali Hadj pionnier de l’indépendantisme mais dont le passage puis l’exclusion du PCF en fait un adversaire, comme les mouvements nationalistes qu’il anime: le Parti du peuple algérien puis le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques. L’attaque contre les nationalistes algériens est à l’origine de la distanciation avec les indépendantistes.

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« Photographier l’Algérie » : regards croisés de Pierre Bourdieu à Marc Riboud à l’Institut du monde arabe de Tourcoing

« Photographier l’Algérie », à l’Institut du monde arabe de Tourcoing explore, l’histoire tumultueuse de ce pays depuis la colonisation française jusqu’à la fin du XXe siècle. En mêlant des clichés de photo reporters, de sociologues, d’anciens colons ou d’Algériens d’aujourd’hui, l’exposition propose une vision plurielle de cette nation.

Comme un voyage dans le temps, l’exposition débute par le sépia des cartes postales. Des photographies d’anonymes du début du XIXe siècle. Albums souvenirs de la colonisation française, avec ces autochtones pittoresques qui fascinent les Européens en quête d’exotisme.

La photographie et la conquête coloniale

La conquête coloniale et la photographie ont une histoire commune. « La conquête coloniale a été exactement contemporaine de l’invention de la photographie dans les années 1830, rappelle Françoise Cohen, directrice de l’Institut du monde arabe de Tourcoing. Ça a été une passion suscitée par une conquête. Ça a été une prise de possession économique, une prise de possession d’un territoire. C’est très important de ne pas l’oublier. »

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