“Algérie, la guerre des appelés”, de Thierry de Lestrade et Sylvie Gilman

De 1954 à 1962, la guerre d’Algérie a mobilisé quelque deux millions de jeunes appelés. Toute une génération de mômes de 20 ans précipités dans un conflit d’une extrême violence et confrontés aux dilemmes moraux d’un engagement sale, fait d’exécutions sommaires, de viols, d’utilisation frénétique de la gégène… Plus de soixante ans après, ceux qui sont rentrés restent hantés par les échos jamais estompés de la barbarie.

Tissage fantastique de témoignages, d’une richesse impressionnante d’images amateurs inédites, d’extraits de lettres, le film s’attache à dépeindre le quotidien des troufions, entre ennui, sentiment d’inutilité, peur, et effroi face à la répression. Sans doute, comme ils le disent, « parce qu’ils sont en fin de parcours, qu’ils veulent se libérer d’un poids sur la conscience », leurs paroles ne s’embarrassent pas de détours, évoquent « cette anesthésie de la pensée » qui anéantit toute résistance à l’innommable. Ils ne cherchent pas à convaincre, pas l’absolution, juste à parler enfin. Et leurs yeux embués disent qu’ils n’oublieront jamais.

Sources : https://www.telerama.fr/television/fipadoc-six-films-a-voir-sans-restriction-dans-la-selection-nationale,n6098021.php

Fipadoc 2019
Jeudi 24 janvier, 16h30, à la Gare du Midi, Atalaya

Les belles mémoires de la Bataille d’Alger

Cinéma • «La bataille d’Alger: un film dans l’histoire», de Malek Bensmaïl marche sur les traces de l’oeuvre homonyme du réalisateur italien Gillo Pontecorvo (1966). Ces deux films seront diffusés et débattus ce week-end dans le cadre du Festival Black Movie de Genève.

La Bataille d’Alger (1966) est un film de fiction incontournable tant pour les historiens en général que pour les historiens du cinéma en particulier. La Bataille d’Alger : un film dans l’histoire, de Malek Bensmaïl (2017), diffusé cette semaine dans le cadre de la vingtième édition du Festival Black Movie à Genève, nous le rappelle dans un style sobre et élégant. Grâce notamment à un travail documentaire extensif et minutieux, le film stimule une réflexion passionnante au sujet de l’histoire et de la mémoire. Il s’agit d’une co-production Hikayet films (Algérie), Ina (France) et Imago (Suisse). A signaler qu’Imago Film est l’instigateur d’un excellent documentaire récent sur un thème proche, Choisir à vingt ans, de Villi Hermann, qui s’intéresse au parcours des réfractaires français de la guerre d’Algérie en Suisse.

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Actualité de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS

Reproduction d’un courrier de Jean-François Gavoury, Président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO) à l’attention de Mesdames et Messieurs les Adhérents, Amis et Correspondants de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS

6 janvier 2019.

Chère Madame, Cher Monsieur,

Alfred Locussol a été mortellement blessé à son domicile de l’avenue Wilson à Alençon le 3 janvier 1962.
Hier, samedi 5 janvier 2019, cinquante-sept ans jour pour jour après sa mort, sa mémoire a été l’objet d’un hommage exceptionnel, en deux temps :
– d’abord, de 11 h 00 à 11 h 30, comme le veut le rituel, autour de la stèle qui, depuis le 6 octobre 2012, célèbre son souvenir, au bas de l’avenue précitée.
20 à 30 personnes avaient pris place aux côtés des organisateurs de cette manifestation mémorielle, de plusieurs élus d’Alençon (dont M. Dominique Artois, Adjoint au maire en charge de la culture) et de la région ainsi que de représentants d’associations telles que la Ligue des droits de l’Homme.
– ensuite, de 14 h00 à 16 h00 dans une brasserie locale (Le Carnet de Route) en présence d’une vingtaine de participants.
Parmi eux, Alexandrine Brisson, petite-nièce de cette victime de l’OAS sur la personne de laquelle des éléments sont recueillis méthodiquement par deux anciens enseignants faisant œuvre d’historiens, Pierre Frénée et Annie Pollet.
En fin de matinée, après dépôt de gerbes et interventions de M. François Tollot, conseiller municipal délégué d’Alençon, et de M. Pierre Frénée, l’occasion m’a été donnée de prononcer le désormais traditionnel message de vœux de l’ANPROMEVO reproduit en première pièce jointe.
L’après-midi, Mme Françoise Nordmann, représentant l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, a présenté un exposé (cf. seconde pièce jointe) en ouverture d’un débat au cours duquel M. Frénée a détaillé les résultats de ses recherches menées conjointement avec Mme Pollet.
Le quotidien régional Ouest France dimanche a rendu compte de ce double événement dans son édition de ce 6 janvier (cf. troisième pièce jointe).
Je vous remercie de votre attention, et vous prie de bien vouloir accepter, chère Madame, cher Monsieur, mes souhaits pour une année la meilleure et la plus solidaire possible.

Jean-François Gavoury, Président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)

Message de voeux pour 2019, prononcé à Alençon le samedi 5 janvier 2019 devant la stèle dédiée à Alfred Locussol, victime du terrorisme de l’OAS

Intervention de F. Savarin Nordmann, représentante de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons

Hommage Locussol – Article Ouest France 6-I-2019

 

Retour sur le colloque « La Guerre d’Algérie au cinéma » – Les vidéos

Le jeudi 5 octobre 2017, s’est tenu à l’Auditorium de l’Hôtel de ville de Paris un colloque consacré à la guerre d’Algérie au cinéma , organisé par l’Espace Parisien Histoire Mémoire Guerre d’Algérie. Dans cet ouvrage, vous retrouverez l’intégralité des interventions de Raphaëlle Branche (historienne), Jean-Claude Carrière (scénariste, écrivain), Jean-Pierre Farkas (journaliste), Émilie Goudal (docteure en histoire de l’art), Djemaa Maazouzi (enseignante), David Oelhoffen (réalisateur), Tramor Quémeneur (historien), Benjamin Stora (historien), Daniel Videlier (ancien combattant et directeur de production), Damien Vitry (documentaliste à l’ECPAD)…

Retrouver les interventions de tous les participants en vidéo.

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SÉANCE CINÉ HISTOIRE DU 15 JANVIER 2018

L’AFFAIRE MAURICE AUDIN

Mardi 15 janvier 2019, à l’auditorium de l’hôtel de ville de Paris.
Le 11 juin 1957, Maurice Audin, mathématicien communiste, militant anticolonialiste, est arrêté à son domicile à Alger par des parachutistes français. Il n’est jamais revenu et les autorités ont dit à sa femme qu’il s’était évadé.

Pendant une soixantaine d’années, son épouse, Josette, et le Comité Maurice Audin (avec des personnalités telles que le Pr Laurent Schwartz et Pierre Vidal-Naquet) se battent pour faire reconnaitre la vérité : son assassinat par l’armée.

Ciné Histoire avait organisé en 2011 deux séances sur cette affaire avec Josette Audin sa veuve, Henri Alleg son ami, arrêté chez les Audin et auteur du livre phare, La Question (Ed de Minuit, 1958) l’historienne Raphaëlle Branche, auteure de La Torture dans l’armée Gallimard 2001)

Séance autour du film de François Demerliac, La Disparition.

Depuis dix ans la verité à fait son chemin, en 2014 François Hollande avait reconnu que Maurice Audin ne s’était pas évadé mais était mort en détention. C’est seulement en 2018 que le Président Emmanuel Macron reconnait la responsabilité de la France dans cette disparition. Au-delà du mathématicien assassiné c’est l’existence du système de torture couvert par la France qui est ainsi reconnu. C’est une étape qui ouvre la voie aux recherches sur les nombreux anonymes disparus pendant cette guerre.

Compte tenu des avancées historiographiques et de cette reconnaissance, nous avons tenu à organiser cette séance qui réunira : les enfants de Maurice Audin, Michèle et Pierre, tous deux mathématiciens, autour de leur mère Josette (sous réserves) l’historienne Sylvie Thénault, spécialiste du droit et de la répression légale pendant la guerre d’indépendance algérienne, et le réalisateur François Demerliac qui nous donne en avant-première un court métrage récent sur la remise du prix Maurice Audin cette année.

La séance sera animée par Dominique Vidal, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique.

Quelques écrits :

Pierre Vidal Naquet : L’Affaire Audin (Minuit 1958), La Torture dans la République (minuit 1972)
Michèle Audin, Une vie Brève  (Gallimard 2012)