Interventions de Tramor Quémeneur, historien

Algérie : Emmanuel Macron reconnaît l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française

Dans une déclaration publiée jeudi 13 septembre par l’Elysée, Emmanuel Macron reconnaît la torture et l’assassinat de Maurice Audin, un mathématicien disparu en 1957.

L’armée française est bien responsable de la mort de Maurice Audin. Dans une déclaration publiée jeudi 13 septembre, l’Elysée reconnaît que “Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires” de l’armée française. Dans sa déclaration Emmanuel Macron va encore plus loin, voulait ainsi respecter “un travail de vérité“.

En effet, le chef de l’Etat affirme que si la mort de ce mathématicien, communiste et anticolonialiste, “est le fait de quelques uns, elle a été rendue possible par un système légalement institué : le système arrestation/détention confié par voies légales aux forces armées“. Une déclaration qui vient briser un vrai tabou de l’histoire politique et militaire française, celle des interrogatoires commis par l’armée française durant la guerre d’Algérie.

Un geste fort, pour Tramor Quemeneur, historien, spécialiste de la guerre d’Algérie, chargé de cours Université Paris 8. Il répond aux question de Florence Gault.

ÉCOUTER INTERVIEW DE TRAMOR QUÉMENEUR


L’armée affronte son passé algérien

Après les déclarations d’Emmanuel Macron sur l’usage de la torture pendant la guerre d’Algérie, la semaine dernière, le monde militaire insiste sur le travail critique déjà accompli dans ses rangs.
Le devoir de désobéir, souligné par le président de la République, y demeure un sujet de débat éthique et juridique.
« Il en va de l’honneur de tous les militaires morts pour la France et plus généralement de tous ceux qui ont perdu la vie dans ce conflit. » Ces mots ont été longuement pesés avant d’être adressés à la veuve de Maurice Audin par le président de la République jeudi 13 septembre. Le militant communiste est bien mort « exécuté ou torturé à mort par des militaires » lors de la bataille d’Alger.
Au-delà de la responsabilité de l’État dans cet assassinat, c’est l’existence d’un système légal autorisant les exécutions sommaires et la torture qu’Emmanuel Macron a actée. La loi « autorisant la délégation des pouvoirs de police à l’armée », votée en 1956 et mise en œuvre l’année suivante, a-t-il précisé, a créé « ce terreau malheureux d’actes parfois terribles ».

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Macron admits France role in torture during Algerian war

French president Emmanuel Macron has admitted that France put in place a “system” that led to torture during Algeria’s war of independence.
Macron made the admission during a visit to the home of the widow of Maurice Audin, a Communist pro-independence activist who disappeared in 1957.
He was just 25 when, during the height of the battle of Algiers, he was arrested at his home by French paratroopers, accused of harbouring wanted members of the party.
He died of his injuries sustained while being torured in detention.
For decades France had denied it was behind Audin’s death. His widow was originally told he had escaped during a transfer between prisons.
Only in 2014 did the former French president François Hollande admit he had actually died in detention.
Paris will now de-classify documents relating to disappeared civilians and soldiers both French and Algerian.

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